Covid long, une maladie protéiforme encore mal comprise

Fatigue persistante, troubles cognitifs, dyspnée, perte de l’odorat… Plusieurs mois après une infection pourtant légère au Sars-CoV-2, certaines personnes continuent de vivre avec des symptômes invalidants. Longtemps considéré comme un ensemble flou, le Covid long apparaît aujourd’hui comme une réalité complexe et changeante. À partir de la cohorte française COPER, des chercheurs suggèrent que les mécanismes en jeu varient selon les symptômes et le temps écoulé depuis l’infection, remettant en question l’idée d’un Covid long unique et uniforme.

Grippe aviaire H5N1 et produits laitiers : un risque faible mais à surveiller

La contamination de vaches par le virus H5N1 pose la question de la transmissibilité de ce virus hautement pathogène aux humains, via la consommation de lait et de produits laitiers. Si les conclusions de plusieurs travaux menés sur ce sujet sont plutôt rassurantes, leurs auteurs appellent néanmoins à la plus grande vigilance et à l’application rigoureuse des règles de sécurité sanitaire.

Virus Nipah : un virus complexe

Un nouveau cluster de cas d’infections au virus Nipah a été signalé dans une région de l’Inde, où cet agent pathogène sévit de manière sporadique mais récurrente depuis les années 1990. De quelle maladie parle-t-on exactement ? Quelles mesures ont été prises pour contenir une potentielle épidémie ? Que doit-on craindre dans les autres pays du globe ? Une étude indienne fait le point dans le Journal of Advances in Biology & Biotechnology (1) et plusieurs experts réagissent (2,3).

Offensive antivaccins aux États-Unis : décryptage d’un recul sanitaire sans précédent

Depuis un an, la première puissance mondiale tourne le dos à l’un de ses piliers historiques de santé publique : la vaccination. Sous couvert de «réformes», l’administration Trump, guidée par Robert F. Kennedy Jr, installe une défiance institutionnelle envers les vaccins, au mépris des données scientifiques les plus solides. Pour le Pr Pierre Tattevin, cette politique expose les États-Unis —et le monde— à un recul sanitaire majeur.

Chikungunya à Bergerac: un cas d’école?

L’été 2025 marquera-t-il un tournant majeur dans l’histoire sanitaire française ? À Bergerac, en Dordogne, une ville jusqu’alors épargnée par les arboviroses, plus d’une centaine de cas autochtones de chikungunya ont été recensés en quelques mois. Derrière ces chiffres, une réalité plus troublante se dessine: le virus circulait probablement depuis plusieurs semaines avant d’être détecté, porté par un moustique désormais solidement implanté sur le territoire, Aedes albopictus.

Climat et infections : l’Europe face au risque vectoriel

Le changement climatique n’est plus une menace lointaine ou strictement environnementale: il agit déjà comme un puissant accélérateur biologique, redéfinissant les frontières sanitaires de l’Europe et exposant les populations à des risques infectieux qui, jusqu’à récemment, étaient associés aux seules zones tropicales. Les échanges scientifiques de la 15ᵉ journée «Climat et Santé», organisée par Météo et Climat le 10 décembre 2025 à Paris, ont permis de documenter avec précision les mécanismes qui sous-tendent cette transformation.

Virus respiratoire syncytial (VRS): les stratégies de prévention efficaces chez le nourrisson et l’adulte

La stratégie de prévention de l’infection par le VRS qui, en France, s’appuie sur trois approches complémentaires pour protéger les nourrissons et les personnes âgées et/ou fragiles, s’avère aussi efficace en vie réelle que dans les essais cliniques, selon plusieurs études. Des données rassurantes qui vont devoir être prises en compte par les autorités de santé afin de lever les freins (manque de communication, absence de remboursement de certains vaccins, etc.) qui empêchent le bon déploiement de cette stratégie.

Détection précoce de la leptospirose : une avancée possible grâce aux protéines virulence-modifying (VMP) ?

La leptospirose demeure l’une des zoonoses les plus sous-diagnostiquées au monde, malgré une incidence annuelle estimée à plus d’un million de cas et 60 000 décès. Sa présentation clinique polymorphe, sa confusion fréquente avec d’autres fièvres tropicales et les limites des outils diagnostiques classiques contribuent à une sous-estimation massive de son fardeau. Une étude récente apporte cependant une possible avancée grâce à un diagnostic sérologique ultra-précoce basé sur la détection d’anticorps dirigés contre une famille récemment décrite de toxines secrétées par Leptospira, les virulence-modifying proteins (VMP).

Grippe aviaire A (H5N1) : un nouveau virus réassortant à surveiller au Cambodge et au Vietnam

L’épidémie de grippe aviaire hautement pathogène qui sévit actuellement au Cambodge et au Vietnam serait due à un virus réassortant, selon plusieurs études publiées récemment. La plupart des séquences virales semblent en effet appartenir à un virus produit par réassortiment génétique entre un ancien clade d’H5N1 circulant au Cambodge depuis 2014, le nouveau clade 2.3.4.4b qui circule à l’échelle mondiale et qui est responsable de nombreuses épizooties, et des virus de la grippe aviaire faiblement pathogènes.

Rougeole au Canada : une situation épidémiologique sans précédent et des causes identifiables

La rougeole connaît au Canada une dynamique épidémiologique exceptionnelle, largement inédite depuis l’élimination du virus dans le pays en 1998. Le Rapport hebdomadaire de surveillance de la rougeole et de la rubéole de l’Agence de la santé publique du Canada, couvrant la semaine épidémiologique 45 (2–8 novembre 2025) et mis à jour le 17 novembre, dresse un tableau préoccupant d’une recrudescence majeure commencée en 2024. Les données permettent de mieux comprendre l’évolution de la transmission, les profils des personnes touchées et les dynamiques interprovinciales.

4′-Fluorouridine, un antiviral prometteur contre trois fièvres émergentes

Face à la recrudescence des virus Oropouche (OROV), de la fièvre de la Vallée du Rift (RVFV) et du Dabie bandavirus (DBV), une équipe américaine vient de démontrer qu’un analogue nucléosidique, la 4′-fluorouridine (4′-FlU), est capable de stopper ces infections, y compris à un stade avancé, chez la souris. Publiés en octobre 2025 dans mBio (American Society for Microbiology), les travaux menés par Brian Gowen et Jonna Westover (Utah State University), confirment le potentiel de cet antiviral à large spectre, déjà testé contre le Sars-CoV-2 ou le virus de Lassa.

Épidémie d’Ebola au Kasaï (RDC): une souche inchangée depuis 1976

Une équipe internationale de virologues vient de mener des travaux qui pourraient redéfinir quarante ans de recherches sur le virus Ebola (EBOV). Selon leurs travaux, le virus responsable des fièvres hémorragiques africaines serait capable d’entrer dans une phase de latence prolongée, aussi bien chez l’humain que dans son réservoir animal. Cette hypothèse remet profondément en question la chronologie évolutive du virus et la manière dont il se maintient entre les épidémies.

West Nile : un vaccin vivant atténué à base de dinucléotides ouvre une nouvelle voie

Une équipe internationale vient de concevoir un candidat vaccin vivant contre le virus du Nil occidental (ou West Nile Virus – WNV) en modifiant son génome pour le rendre facilement détectable par les défenses antivirales naturelles. Une approche innovante qui pourrait transformer la conception des vaccins contre les flavivirus, de la dengue à Zika.

La campagne vaccinale de l’hiver 2025-2026 invisibilise la vaccination covid

Il n’aura pas échappé à certains d’entre nous combien il est difficile, pour cette année 2025, de s’y retrouver dans certaines recommandations vaccinales et les processus de diffusion des recommandations et campagnes des autorités de santé. Tant on y perçoit parfois de l’incohérence qui entraine inévitablement une certaine dose d’incompréhension.

Défis de la désinformation en santé : enjeux, initiatives et stratégies face à l’infodémie

Infobésité, désinformation, mésinformation, fake news, infodémie, etc., l’information relative à la santé est particulièrement touchée au travers des réseaux sociaux où la vérité scientifique ne suffit plus à convaincre. En résultent un affaiblissement de la parole scientifique et une fragmentation de la santé publique. Comment, dès lors, faire face pour transmettre des messages et atteindre les citoyens? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les intervenants du point presse organisé le 30 octobre par Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’ANRS-MIE, agence qui s’est dotée d’un groupe de travail «infodémie».