Hantavirus : une zoonose virale transmise par les rongeurs

Les hantavirus sont des virus zoonotiques présents sur tous les continents, dont les principaux réservoirs sont de petits mammifères, surtout des rongeurs sauvages. Chez l’être humain, ils peuvent provoquer deux types d’atteintes : la fièvre hémorragique avec syndrome rénal avec les hantavirus dits de l’Ancien Monde, et des syndromes cardiopulmonaires avec les souches dites du nouveau Monde à fort taux de mortalité. Leur large distribution géographique, leur origine zoonotique et leur potentiel épidémique justifient une surveillance étroite. La transmission interhumaine reste exceptionnelle.

Diffusion du virus du Nil occidental en Europe : deux études dessinent les contours d’une menace croissante

Le virus du Nil occidental (ou West Nile virus, WNV) n’est plus une curiosité exotique réservée aux manuels de virologie. Transmis à l’être humain par la piqûre de moustiques du genre Culex, eux-mêmes infectés au contact d’oiseaux réservoirs, ce pathogène s’est progressivement installé sur l’ensemble du continent européen depuis les années 1960. La saison 2024 a constitué un tournant : 19 pays ont déclaré 1 436 cas humains autochtones dans 212 régions, soit la plus large distribution géographique jamais enregistrée en Europe. Deux études publiées en avril 2026 dans Eurosurveillance apportent un éclairage complémentaire sur cette dynamique — l’une depuis l’Espagne, l’autre depuis la Hongrie — et, ensemble, dessinent une cartographie inédite du risque épidémique à l’échelle continentale.

One Health Summit : le leadership français à l’épreuve de ses contradictions

À Lyon, du 5 au 7 avril, en marge du G7, le One Health Summit a réuni une cinquantaine d’États et 3000 participants autour des zoonoses, de la résistance aux antibiotiques et des systèmes alimentaires durables. Pour la politiste Stéphanie Tchiombiano, l’initiative française relève d’une stratégie diplomatique pour conserver une image de leadership en santé mondiale, sans masquer les contradictions internes: baisse silencieuse de 58% de la contribution au Fonds mondial, fragilisation des agences sanitaires, recul sur la régulation des pesticides.

Changement climatique et maladies infectieuses : vers une aggravation globale des risques

Le changement climatique ne bouleverse pas seulement les températures ou les écosystèmes : il transforme en profondeur le paysage des maladies infectieuses. Virus, bactéries, parasites et vecteurs comme les moustiques sont eux aussi sensibles aux modifications de l’environnement. Résultat : dans un monde plus chaud et écologiquement fragilisé, le risque infectieux tend globalement à augmenter. Un constat sombre que décrit Kévin Jean, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’École normale supérieure de Paris, dans son ouvrage « À notre santé !» (éditions Payot), avant de présenter les actions à notre portée, tant au niveau individuel que collectif, ainsi que les bénéfices que nous pouvons en attendre pour notre santé et celle de la planète.

Climat et infections : l’Europe face au risque vectoriel

Le changement climatique n’est plus une menace lointaine ou strictement environnementale: il agit déjà comme un puissant accélérateur biologique, redéfinissant les frontières sanitaires de l’Europe et exposant les populations à des risques infectieux qui, jusqu’à récemment, étaient associés aux seules zones tropicales. Les échanges scientifiques de la 15ᵉ journée «Climat et Santé», organisée par Météo et Climat le 10 décembre 2025 à Paris, ont permis de documenter avec précision les mécanismes qui sous-tendent cette transformation.