Combiner plusieurs stratégies, seule façon efficace de lutter contre les moustiques

Le retour des beaux jours, s’il réchauffe les cœurs, s’accompagne d’un certain nombre de désagréments parmi lesquels… les moustiques ! Avec les inondations qui se sont abattues sur certaines régions cet hiver, gorgeant les sols d’eau, et la hausse des températures, les conditions atmosphériques sont idéales pour favoriser l’éclosion des leurs œufs. Les municipalités sont sur le pied de guerre pour les éliminer, car l’enjeu sanitaire est de taille : dengue, chikungunya, Zika, trois maladies invalidantes que le moustique-tigre peut transmettre. La solution ? Combiner plusieurs stratégies, comme nous le révèle un ensemble d’expériences menées sur le terrain.

Chikungunya à Bergerac: un cas d’école?

L’été 2025 marquera-t-il un tournant majeur dans l’histoire sanitaire française ? À Bergerac, en Dordogne, une ville jusqu’alors épargnée par les arboviroses, plus d’une centaine de cas autochtones de chikungunya ont été recensés en quelques mois. Derrière ces chiffres, une réalité plus troublante se dessine: le virus circulait probablement depuis plusieurs semaines avant d’être détecté, porté par un moustique désormais solidement implanté sur le territoire, Aedes albopictus.

Aedes aegypti : comment ce moustique africain est-il devenu un ennemi public majeur

À l’instar de nombreux processus évolutifs, le moustique Aedes aegypti n’est pas devenu l’un des principaux vecteurs mondiaux de virus humains de façon soudaine. Une équipe internationale met en lumière l’évolution génétique ayant permis à cette espèce, initialement présente dans les forêts africaines, de devenir un super-vecteur.

Du sud au nord : comment le moustique tigre redessine la carte des épidémies

Le moustique tigre (Aedes albopictus), originaire d’Asie du Sud-Est, s’installe durablement en France et en Europe. Une étude parue dans Global Change Biology (Radici et al., 2025) montre que cette espèce invasive a rapidement colonisé sa « niche climatique » en France, sous l’effet conjugué du réchauffement global et de l’urbanisation. Et avec lui, c’est le risque d’arboviroses – dengue en tête – qui s’étend vers le nord du continent.