Dengue : En France, les zones les moins peuplées de plus en plus exposées

Une étude prédictive française publiée dans Global Change Biology simule, pour la première fois l’évolution du risque de transmission autochtone de la dengue en France jusqu’à la fin du siècle. Selon le scénario le plus pessimiste, jusqu’à 96 % du territoire pourraient devenir climatiquement propices à l’installation d’Aedes albopictus d’ici 2066-2085, et l’essentiel de ces zones colonisées deviendrait également à risque de transmission de la dengue. Les zones rurales, longtemps épargnées, , ainsi que les petits centres urbains assez peu densément peuplés, pourraient paradoxalement devenir les plus exposés.

Combiner plusieurs stratégies, seule façon efficace de lutter contre les moustiques

Le retour des beaux jours, s’il réchauffe les cœurs, s’accompagne d’un certain nombre de désagréments parmi lesquels… les moustiques ! Avec les inondations qui se sont abattues sur certaines régions cet hiver, gorgeant les sols d’eau, et la hausse des températures, les conditions atmosphériques sont idéales pour favoriser l’éclosion des leurs œufs. Les municipalités sont sur le pied de guerre pour les éliminer, car l’enjeu sanitaire est de taille : dengue, chikungunya, Zika, trois maladies invalidantes que le moustique-tigre peut transmettre. La solution ? Combiner plusieurs stratégies, comme nous le révèle un ensemble d’expériences menées sur le terrain.

Chikungunya à Bergerac: un cas d’école?

L’été 2025 marquera-t-il un tournant majeur dans l’histoire sanitaire française ? À Bergerac, en Dordogne, une ville jusqu’alors épargnée par les arboviroses, plus d’une centaine de cas autochtones de chikungunya ont été recensés en quelques mois. Derrière ces chiffres, une réalité plus troublante se dessine: le virus circulait probablement depuis plusieurs semaines avant d’être détecté, porté par un moustique désormais solidement implanté sur le territoire, Aedes albopictus.

Aedes aegypti : comment ce moustique africain est-il devenu un ennemi public majeur

À l’instar de nombreux processus évolutifs, le moustique Aedes aegypti n’est pas devenu l’un des principaux vecteurs mondiaux de virus humains de façon soudaine. Une équipe internationale met en lumière l’évolution génétique ayant permis à cette espèce, initialement présente dans les forêts africaines, de devenir un super-vecteur.