Chikungunya, dengue, Zika, paludisme : des séquelles qui persistent bien après le retour de voyage

Contrairement à d’autres maladies vectorielles dont on commence à documenter le fardeau chronique — West Nile, long Covid —, on savait jusqu’ici très peu de chose sur le devenir à moyen et long terme des voyageurs ayant contracté un chikungunya, une dengue, un Zika ou un paludisme lors d’un séjour à l’étranger. Une équipe internationale associée au réseau de surveillance GeoSentinel, coordonnée par Davidson Hamer (Boston University) et Emilie Javelle (Hôpital d’instruction des armées Laveran, Marseille), a suivi pendant dix-huit mois 273 voyageurs diagnostiqués dans quinze centres répartis en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Publiés en mai 2026 dans le Journal of Travel Medicine, les résultats dessinent quatre trajectoires très différentes — et bousculent l’idée reçue selon laquelle seul le chikungunya laisserait des traces durables.

Changement climatique et maladies infectieuses : vers une aggravation globale des risques

Le changement climatique ne bouleverse pas seulement les températures ou les écosystèmes : il transforme en profondeur le paysage des maladies infectieuses. Virus, bactéries, parasites et vecteurs comme les moustiques sont eux aussi sensibles aux modifications de l’environnement. Résultat : dans un monde plus chaud et écologiquement fragilisé, le risque infectieux tend globalement à augmenter. Un constat sombre que décrit Kévin Jean, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’École normale supérieure de Paris, dans son ouvrage « À notre santé !» (éditions Payot), avant de présenter les actions à notre portée, tant au niveau individuel que collectif, ainsi que les bénéfices que nous pouvons en attendre pour notre santé et celle de la planète.

Aedes aegypti : comment ce moustique africain est-il devenu un ennemi public majeur

À l’instar de nombreux processus évolutifs, le moustique Aedes aegypti n’est pas devenu l’un des principaux vecteurs mondiaux de virus humains de façon soudaine. Une équipe internationale met en lumière l’évolution génétique ayant permis à cette espèce, initialement présente dans les forêts africaines, de devenir un super-vecteur.

Moustique tigre : une expansion inquiétante

Observé pour la première fois en France en 1999, le moustique tigre a connu une expansion fulgurante depuis 2004 ; il est actuellement implanté dans 81 départements métropolitains ainsi que dans 14 pays européens. Une situation qui présente des enjeux importants, car Aedes albopictus est un vecteur potentiel de nombreuses maladies telles que la dengue, le chikungunya ou encore Zika.