Suspicion de peste en Sibérie: de l’urgence médicale au besoin de transparence

Le 2 octobre, une technicienne de l’Institut de recherche antipeste d’Irkoutsk est morte d’une pneumonie grave que plusieurs médias ont attribuée à une peste pulmonaire. Ni les autorités russes ni les agences sanitaires internationales n’ont confirmé ce diagnostic. Jean-Daniel Lelièvre revient sur ce que l’on sait de la maladie et sur ce que l’épisode permet, ou non, de conclure.

Marburg en Afrique : une zoonose favorisée par des passages répétés de l’animal à l’homme

Depuis 2021, six pays africains ont signalé pour la première fois une épidémie de maladie à virus Marburg. Une revue publiée dans Emerging Microbes & Infections montre que ces épisodes s’expliquent moins par la progression du virus d’un pays à l’autre que par des passages répétés de l’animal à l’homme, favorisés par les bouleversements de l’environnement et par des systèmes sanitaires très inégaux.

Chikungunya, dengue, Zika, paludisme : des séquelles qui persistent bien après le retour de voyage

Contrairement à d’autres maladies vectorielles dont on commence à documenter le fardeau chronique — West Nile, long Covid —, on savait jusqu’ici très peu de chose sur le devenir à moyen et long terme des voyageurs ayant contracté un chikungunya, une dengue, un Zika ou un paludisme lors d’un séjour à l’étranger. Une équipe internationale associée au réseau de surveillance GeoSentinel, coordonnée par Davidson Hamer (Boston University) et Emilie Javelle (Hôpital d’instruction des armées Laveran, Marseille), a suivi pendant dix-huit mois 273 voyageurs diagnostiqués dans quinze centres répartis en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Publiés en mai 2026 dans le Journal of Travel Medicine, les résultats dessinent quatre trajectoires très différentes — et bousculent l’idée reçue selon laquelle seul le chikungunya laisserait des traces durables.

Dengue : En France, les zones les moins peuplées de plus en plus exposées

Une étude prédictive française publiée dans Global Change Biology simule, pour la première fois l’évolution du risque de transmission autochtone de la dengue en France jusqu’à la fin du siècle. Selon le scénario le plus pessimiste, jusqu’à 96 % du territoire pourraient devenir climatiquement propices à l’installation d’Aedes albopictus d’ici 2066-2085, et l’essentiel de ces zones colonisées deviendrait également à risque de transmission de la dengue. Les zones rurales, longtemps épargnées, , ainsi que les petits centres urbains assez peu densément peuplés, pourraient paradoxalement devenir les plus exposés.

Le fardeau des infections virales respiratoires chez les patients immunodéprimés hospitalisés

Un poster présenté aux dernières Journées nationales d’infectiologie a mesuré, sur les données du Système national des données de santé, ce que coûtent le Covid-19, le VRS et la grippe aux patients immunodéprimés hospitalisés: plus de 46 000 séjours, une mortalité hospitalière qui atteint 15,2 % pour le Covid-19. Surtout, le risque ne s’arrête pas à la sortie de l’hôpital, puisqu’un patient sur deux au moins est réhospitalisé dans l’année qui suit.

Ebola en RDC: l’épidémie la plus rapide jamais observée

Plus de 3 200 cas confirmés et 1 400 morts en deux mois et demi: l’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo depuis le mois de mai est la plus rapide jamais enregistrée depuis 1976. Face à la catastrophe, un symposium lui a été consacré à la conférence mondiale sur le sida 2026 de Rio. Un seul chiffre peut résumer les défis auxquels font face les équipes médicales locales : seuls 2% des malades pris en charge par Médecins Sans Frontières étaient auparavant suivis comme contacts d’un cas confirmé.

Séroprévalence du virus du Nil occidental en France : une circulation plus discrète, mais plus étendue qu’on ne le pensait

Longtemps cantonné, dans l’imaginaire sanitaire français, au pourtour méditerranéen et à la Camargue, le virus du Nil occidental (West Nile virus, WNV) n’a jamais fait l’objet d’une évaluation nationale de sa circulation dans la population. Une équipe de l’Unité des Virus Émergents de Marseille, dirigée par Xavier de Lamballerie (chef du service de bactériologie, virologie, parasitologie-mycologie et immuno-allergologie du LBM Pôle Infectiologie de l’IHU Méditerranée Infection), comble cette lacune avec la première étude de séroprévalence du WNV menée à l’échelle de la France métropolitaine, publiée début juillet dans Eurosurveillance. Réalisée à partir de plus de 44 000 dons de sang collectés en 2021 et 2022, elle confirme une circulation globalement faible du virus, mais révèle aussi une signature sérologique inattendue dans des régions jusqu’ici considérées comme épargnées — avant même que les premiers cas humains n’y soient officiellement signalés.

Ebola Bundibugyo : les vaccins existants induisent une réponse en anticorps croisée, selon une étude française

Peut-on compter sur les vaccins déjà homologués contre le virus Ebola Zaïre pour freiner l’épidémie de souche Bundibugyo qui frappe la République démocratique du Congo et l’Ouganda ? Une étude menée par le Vaccine Research Institute (Inserm/Université de Bordeaux) et publiée le 22 juillet dans le New England Journal of Medicine apporte un premier élément de réponse : les sérums de participants vaccinés contre la souche Zaïre contiennent bien des anticorps qui reconnaissent la souche Bundibugyo, même si la réponse est plus faible que celle dirigée contre la cible originelle.

Quand une route fait grimper les épidémies : l’exemple de la dengue en Amazonie péruvienne

Une route peut-elle, à elle seule, faire flamber une épidémie ? C’est ce que suggère une étude américano-péruvienne publiée dans Nature Sustainability : le pavage de l’autoroute interocéanique qui travers l’Amazonie péruvienne pour relier le port péruvien de San Juan de Marcona à la ville brésilienne de Rio Branco (environ 2600 km) a multiplié par cinq l’incidence de la dengue dans les communautés qui le bordent. Près de 11 000 cas supplémentaires seraient directement imputables à cette infrastructure. Une leçon qui dépasse largement les frontières du Pérou.

Vaccins contre Ebola : une protection immunitaire qui tient cinq ans, selon l’essai PREVAC

Faut-il s’inquiéter de voir s’estomper la protection conférée par les vaccins contre le virus Ebola quelques années après l’injection ? Les résultats à cinq ans de l’essai PREVAC, diffusés sur medRxiv avant publication, apportent une réponse plutôt rassurante : chez l’adulte comme chez l’enfant, les anticorps induits par les deux vaccins actuellement homologués restent détectables et stables sur le long terme.

Grippe aviaire : le H5N1 a circulé dans un troupeau de vaches en Europe

Pour la première fois, le virus de la grippe aviaire H5N1 a laissé sa trace hors des États-Unis, dans un troupeau de vaches laitières européen. Aux Pays-Bas, près de la moitié des vaches en lactation d’une même ferme portaient des anticorps contre le virus, sans qu’on y détecte de virus actif. Une exposition silencieuse qui signe, selon les chercheurs, l’élargissement du H5N1 à de nouveaux mammifères sur le continent.

Le Covid a-t-il précipité des décès ? Les révélations d’une étude en Angleterre

Depuis le début de la pandémie, une petite musique revient régulièrement : les personnes décédées avec le Covid étaient pour la plupart déjà très proches de la fin de leur vie, ce qui minimiserait l’impact réel de la maladie. Une étude publiée le 8 mai 2026 dans PLOS ONE par une équipe britannique vient apporter une réponse chiffrée et nuancée à cette question, à partir des données de plus de 62 millions de personnes en Angleterre. Ses conclusions vont à l’encontre de cette idée reçue.

Hantavirus : lancement d’une étude coordonnée impliquant 21 pays

À la suite de l’épidémie d’hantavirus qui causé 3 décès au printemps 2026 sur le navire de croisière MV Hondius, en traversée entre l’Argentine et l’Atlantique Nord, l’OMS annonce le lancement d’une étude de recherche coordonnée par le réseau CORC dirigé par l’Agence britannique de sécurité sanitaire UK Health Security Agency (UKHSA).

Ebola : un essai franco-congolais teste la prophylaxie post-exposition

L’épidémie d’Ebola à virus Bundibugyo qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) a déjà fait environ 200 morts, sans qu’aucun vaccin ni traitement ne soit homologué contre cette souche. Dans ce vide thérapeutique, une équipe franco-congolaise mise sur une stratégie encore peu explorée: donner un antiviral aux personnes les plus exposées, avant qu’elles ne tombent malades. L’essai EboPEP, coordonné par Marie Jaspard avec Placide Mbala, doit démarrer fin juin.

PReViX : modéliser pour décider face à la «maladie X

Face à la certitude de nouvelles crises sanitaires, le projet PReViX, présenté lors des Journées scientifiques de l’ANRS par Mircea Sofonea, a pour ambition de modéliser un cheminement rationnel pour décider quelles mesures prendre lors de la survenue de la «maladie X». Ces modélisations mathématiques vont des caractéristiques intrinsèques du virus à la réception dans la société des mesures pour contenir son impact. Leur intégration doit permettre de fonder une décision optimale en 200 jours à partir du 1er cas connu.

Hantavirus : une zoonose virale transmise par les rongeurs

Les hantavirus sont des virus zoonotiques présents sur tous les continents, dont les principaux réservoirs sont de petits mammifères, surtout des rongeurs sauvages. Chez l’être humain, ils peuvent provoquer deux types d’atteintes : la fièvre hémorragique avec syndrome rénal avec les hantavirus dits de l’Ancien Monde, et des syndromes cardiopulmonaires avec les souches dites du nouveau Monde à fort taux de mortalité. Leur large distribution géographique, leur origine zoonotique et leur potentiel épidémique justifient une surveillance étroite. La transmission interhumaine reste exceptionnelle.

Ebola : Comment expliquer cette nouvelle flambée, malgré les vaccins qui ont amélioré la lutte contre les épidémies

Une épidémie préoccupante du virus Ebola sévit depuis avril 2026 en République démocratique du Congo et en Ouganda. Alors qu’il existe aujourd’hui un vaccin recommandé par l’Organisation mondiale de la santé en cas d’épidémie, comment expliquer cette nouvelle flambée ? On fait le point.

Ebola : une fièvre hémorragique virale à haut risque épidémique

La maladie à virus Ebola est une zoonose virale sévère appartenant au groupe des fièvres hémorragiques virales. Identifiée pour la première fois en 1976 lors de deux flambées simultanées au Soudan et en République démocratique du Congo (RDC), elle demeure l’une des infections émergentes les plus redoutées en santé publique en raison de sa létalité élevée, de sa capacité de diffusion dans des systèmes de soins fragiles et de l’impact social majeur des épidémies, avec une stigmatisation importante des survivants.

Comment s’organise la réponse scientifique à Ebola grâce au CORC, dans un monde fragmenté

Le choix de confier à l’OMS le pilotage d’un réseau permanent de recherche sur Ebola et Marburg, coordonné par l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, marque un tournant plus profond qu’il n’y paraît. À travers le CORC filovirus, l’objectif est de structurer une réponse scientifique plus réactive, plus cohérente et moins dépendante d’un cercle restreint d’acteurs, alors même que le cadre de coopération internationale se fragilise.

Diffusion du virus du Nil occidental en Europe : deux études dessinent les contours d’une menace croissante

Le virus du Nil occidental (ou West Nile virus, WNV) n’est plus une curiosité exotique réservée aux manuels de virologie. Transmis à l’être humain par la piqûre de moustiques du genre Culex, eux-mêmes infectés au contact d’oiseaux réservoirs, ce pathogène s’est progressivement installé sur l’ensemble du continent européen depuis les années 1960. La saison 2024 a constitué un tournant : 19 pays ont déclaré 1 436 cas humains autochtones dans 212 régions, soit la plus large distribution géographique jamais enregistrée en Europe. Deux études publiées en avril 2026 dans Eurosurveillance apportent un éclairage complémentaire sur cette dynamique — l’une depuis l’Espagne, l’autre depuis la Hongrie — et, ensemble, dessinent une cartographie inédite du risque épidémique à l’échelle continentale.