Vaccins contre Ebola : une protection immunitaire qui tient cinq ans, selon l’essai PREVAC

Faut-il s’inquiéter de voir s’estomper la protection conférée par les vaccins contre le virus Ebola quelques années après l’injection ? Les résultats à cinq ans de l’essai PREVAC, diffusés sur medRxiv avant publication, apportent une réponse plutôt rassurante : chez l’adulte comme chez l’enfant, les anticorps induits par les deux vaccins actuellement homologués restent détectables et stables sur le long terme.

Grippe aviaire : le H5N1 a circulé dans un troupeau de vaches en Europe

Pour la première fois, le virus de la grippe aviaire H5N1 a laissé sa trace hors des États-Unis, dans un troupeau de vaches laitières européen. Aux Pays-Bas, près de la moitié des vaches en lactation d’une même ferme portaient des anticorps contre le virus, sans qu’on y détecte de virus actif. Une exposition silencieuse qui signe, selon les chercheurs, l’élargissement du H5N1 à de nouveaux mammifères sur le continent.

Le Covid a-t-il précipité des décès ? Les révélations d’une étude en Angleterre

Depuis le début de la pandémie, une petite musique revient régulièrement : les personnes décédées avec le Covid étaient pour la plupart déjà très proches de la fin de leur vie, ce qui minimiserait l’impact réel de la maladie. Une étude publiée le 8 mai 2026 dans PLOS ONE par une équipe britannique vient apporter une réponse chiffrée et nuancée à cette question, à partir des données de plus de 62 millions de personnes en Angleterre. Ses conclusions vont à l’encontre de cette idée reçue.

Hantavirus : lancement d’une étude coordonnée impliquant 21 pays

À la suite de l’épidémie d’hantavirus qui causé 3 décès au printemps 2026 sur le navire de croisière MV Hondius, en traversée entre l’Argentine et l’Atlantique Nord, l’OMS annonce le lancement d’une étude de recherche coordonnée par le réseau CORC dirigé par l’Agence britannique de sécurité sanitaire UK Health Security Agency (UKHSA).

Ebola : un essai franco-congolais teste la prophylaxie post-exposition

L’épidémie d’Ebola à virus Bundibugyo qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) a déjà fait environ 200 morts, sans qu’aucun vaccin ni traitement ne soit homologué contre cette souche. Dans ce vide thérapeutique, une équipe franco-congolaise mise sur une stratégie encore peu explorée: donner un antiviral aux personnes les plus exposées, avant qu’elles ne tombent malades. L’essai EboPEP, coordonné par Marie Jaspard avec Placide Mbala, doit démarrer fin juin.

PReViX : modéliser pour décider face à la «maladie X

Face à la certitude de nouvelles crises sanitaires, le projet PReViX, présenté lors des Journées scientifiques de l’ANRS par Mircea Sofonea, a pour ambition de modéliser un cheminement rationnel pour décider quelles mesures prendre lors de la survenue de la «maladie X». Ces modélisations mathématiques vont des caractéristiques intrinsèques du virus à la réception dans la société des mesures pour contenir son impact. Leur intégration doit permettre de fonder une décision optimale en 200 jours à partir du 1er cas connu.

Hantavirus : une zoonose virale transmise par les rongeurs

Les hantavirus sont des virus zoonotiques présents sur tous les continents, dont les principaux réservoirs sont de petits mammifères, surtout des rongeurs sauvages. Chez l’être humain, ils peuvent provoquer deux types d’atteintes : la fièvre hémorragique avec syndrome rénal avec les hantavirus dits de l’Ancien Monde, et des syndromes cardiopulmonaires avec les souches dites du nouveau Monde à fort taux de mortalité. Leur large distribution géographique, leur origine zoonotique et leur potentiel épidémique justifient une surveillance étroite. La transmission interhumaine reste exceptionnelle.

Ebola : Comment expliquer cette nouvelle flambée, malgré les vaccins qui ont amélioré la lutte contre les épidémies

Une épidémie préoccupante du virus Ebola sévit depuis avril 2026 en République démocratique du Congo et en Ouganda. Alors qu’il existe aujourd’hui un vaccin recommandé par l’Organisation mondiale de la santé en cas d’épidémie, comment expliquer cette nouvelle flambée ? On fait le point.

Ebola : une fièvre hémorragique virale à haut risque épidémique

La maladie à virus Ebola est une zoonose virale sévère appartenant au groupe des fièvres hémorragiques virales. Identifiée pour la première fois en 1976 lors de deux flambées simultanées au Soudan et en République démocratique du Congo (RDC), elle demeure l’une des infections émergentes les plus redoutées en santé publique en raison de sa létalité élevée, de sa capacité de diffusion dans des systèmes de soins fragiles et de l’impact social majeur des épidémies, avec une stigmatisation importante des survivants.

Comment s’organise la réponse scientifique à Ebola grâce au CORC, dans un monde fragmenté

Le choix de confier à l’OMS le pilotage d’un réseau permanent de recherche sur Ebola et Marburg, coordonné par l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, marque un tournant plus profond qu’il n’y paraît. À travers le CORC filovirus, l’objectif est de structurer une réponse scientifique plus réactive, plus cohérente et moins dépendante d’un cercle restreint d’acteurs, alors même que le cadre de coopération internationale se fragilise.

Diffusion du virus du Nil occidental en Europe : deux études dessinent les contours d’une menace croissante

Le virus du Nil occidental (ou West Nile virus, WNV) n’est plus une curiosité exotique réservée aux manuels de virologie. Transmis à l’être humain par la piqûre de moustiques du genre Culex, eux-mêmes infectés au contact d’oiseaux réservoirs, ce pathogène s’est progressivement installé sur l’ensemble du continent européen depuis les années 1960. La saison 2024 a constitué un tournant : 19 pays ont déclaré 1 436 cas humains autochtones dans 212 régions, soit la plus large distribution géographique jamais enregistrée en Europe. Deux études publiées en avril 2026 dans Eurosurveillance apportent un éclairage complémentaire sur cette dynamique — l’une depuis l’Espagne, l’autre depuis la Hongrie — et, ensemble, dessinent une cartographie inédite du risque épidémique à l’échelle continentale.

One Health Summit : le leadership français à l’épreuve de ses contradictions

À Lyon, du 5 au 7 avril, en marge du G7, le One Health Summit a réuni une cinquantaine d’États et 3000 participants autour des zoonoses, de la résistance aux antibiotiques et des systèmes alimentaires durables. Pour la politiste Stéphanie Tchiombiano, l’initiative française relève d’une stratégie diplomatique pour conserver une image de leadership en santé mondiale, sans masquer les contradictions internes: baisse silencieuse de 58% de la contribution au Fonds mondial, fragilisation des agences sanitaires, recul sur la régulation des pesticides.

Les premiers vaccins pan-sarbécovirus entrent en phase d’essais cliniques chez l’homme

Trois émergences de coronavirus en vingt ans, une pandémie mondiale, des variants qui échappent aux vaccins: la vaccinologie cherche désormais à concevoir des immunogènes capables de protéger contre l’ensemble des sarbécovirus, y compris ceux qui n’existent pas encore. Un premier candidat issu de cette stratégie, le GBP511, vient d’entrer en essai clinique de phase 1 en Australie, grâce à une approche dite mosaïque qui présente simultanément plusieurs domaines de liaison au récepteur issus de coronavirus distincts. Mais entre la démonstration de faisabilité et un vaccin universel opérationnel, les obstacles biologiques, immunologiques et cliniques restent nombreux.

Changement climatique et maladies infectieuses : vers une aggravation globale des risques

Le changement climatique ne bouleverse pas seulement les températures ou les écosystèmes : il transforme en profondeur le paysage des maladies infectieuses. Virus, bactéries, parasites et vecteurs comme les moustiques sont eux aussi sensibles aux modifications de l’environnement. Résultat : dans un monde plus chaud et écologiquement fragilisé, le risque infectieux tend globalement à augmenter. Un constat sombre que décrit Kévin Jean, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’École normale supérieure de Paris, dans son ouvrage « À notre santé !» (éditions Payot), avant de présenter les actions à notre portée, tant au niveau individuel que collectif, ainsi que les bénéfices que nous pouvons en attendre pour notre santé et celle de la planète.

Vaccination anti-Covid pendant la grossesse : quel impact sur les autres infections chez l’enfant ?

Et si vacciner la mère permettait de protéger l’enfant, au-delà même du Covid ? En s’appuyant sur les données de plus de 146 000 naissances, une vaste étude norvégienne explore pour la première fois l’impact de la vaccination anti-Covid pendant la grossesse sur l’ensemble des infections de la petite enfance. Ses résultats, à la fois rassurants et nuancés, précisent la portée, et les limites, de l’immunité transmise avant la naissance.

Mpox : Pas d’efficacité du tecovirimat contre le clade II

L’essai international STOMP/A5418, publié dans le New England Journal of Medicine, montre que le tecovirimat oral ne réduit ni le délai de guérison des lésions, ni la douleur, ni la durée de détection virale chez 344 adultes atteints de mpox. Ces résultats remettent en question le repositionnement de cet antiviral initialement approuvé contre la variole sur la base de données animales.

Combiner plusieurs stratégies, seule façon efficace de lutter contre les moustiques

Le retour des beaux jours, s’il réchauffe les cœurs, s’accompagne d’un certain nombre de désagréments parmi lesquels… les moustiques ! Avec les inondations qui se sont abattues sur certaines régions cet hiver, gorgeant les sols d’eau, et la hausse des températures, les conditions atmosphériques sont idéales pour favoriser l’éclosion des leurs œufs. Les municipalités sont sur le pied de guerre pour les éliminer, car l’enjeu sanitaire est de taille : dengue, chikungunya, Zika, trois maladies invalidantes que le moustique-tigre peut transmettre. La solution ? Combiner plusieurs stratégies, comme nous le révèle un ensemble d’expériences menées sur le terrain.

Deux fois moins de risque d’événements cardiaques grâce au vaccin contre le zona

La vaccination contre le zona pourrait réduire de moitié le risque d’événements cardiaques graves, selon une étude qui apporte de nouveaux éléments en faveur des effets cardioprotecteurs de ce vaccin. Ceux-ci pourraient même être amplifiés chez les personnes à haut risque, souffrant déjà d’une pathologie cardiaque. Des résultats à nuancer cependant, car ils portent uniquement sur l’année qui suit la vaccination et qu’ils devront être confirmés dans des études à plus long terme, puis publiés dans des revues de référence.

Mpox: des écureuils de musée sur la piste du réservoir animal

En explorant les collections de musées d’histoire naturelle européens et américains, des chercheurs de l’Institut Pasteur et du Muséum national d’histoire naturelle ont identifié des écureuils arboricoles africains comme réservoirs probables du virus mpox et mis en évidence une coévolution entre le virus et ses hôtes. Mais la preuve directe manque encore.

Un vaccin unique contre Ebola, Marburg et Lassa ? Une piste prometteuse contre les fièvres hémorragiques

Dans plusieurs régions d’Afrique, les virus responsables de fièvres hémorragiques circulent simultanément et provoquent des épidémies difficiles à contenir. Des chercheurs viennent de tester chez l’animal un candidat vaccin capable de cibler à la fois trois virus majeurs : Ebola (souche Sudan), Marburg et Lassa. Les résultats, qui sont disponibles en preprint, suggèrent qu’une stratégie vaccinale multivalente pourrait offrir une protection large contre ces infections redoutées.