VOGUE: non-infériorité démontrée du DTG/3TC versus BIC/F/TAF chez des PVVIH naïves de traitement

Peut-on démarrer un traitement anti-VIH par une bithérapie, sans attendre le génotype de résistance et quels que soient la charge virale et le taux de CD4? L’essai VOGUE a randomisé 509 personnes naïves de traitement, dont 16% avec plus de 500 000 copies/mL et autant sous 200 CD4. À 48 semaines, DTG/3TC fait aussi bien que la trithérapie BIC/F/TAF, sans apparition de résistance dans l’un ou l’autre bras.

PrEP à Porter: comprendre les ruptures de suivi pour améliorer la rétention en soin des femmes transgenres

Sur les 101 femmes transgenres migrantes suivies à Paris par le programme communautaire PrEP à Porter, 16 avaient décroché à la semaine 96. N’avoir jamais pris de PrEP, l’observer difficilement, ne pas parler français: l’étude ANRS-0566 identifie ce qui fait rompre le suivi. Elle montre surtout que la majorité des perdues de vue se savent toujours exposées au VIH, et se disent prêtes à revenir si le dispositif s’assouplit.

Anticorps neutralisants en PrEP: le compte n’y est pas

Premier essai de PrEP à associer deux anticorps neutralisants à large spectre, CAPRISA 012C a suivi 1 023 jeunes femmes d’Afrique du Sud et de Zambie. Les injections semestrielles sont sûres, mais elles n’ont pas fait reculer l’incidence du VIH: 22 infections dans le groupe anticorps, 17 sous placebo. La raison tient dans un chiffre: 95% des virus isolés chez les participantes du groupe anticorps résistaient déjà à l’un des deux produits.

Anticorps neutralisants à large spectre: où en sommes-nous?

Les antirétroviraux ne touchent pas le réservoir viral, les anticorps neutralisants à large spectre si. Entre 20 et 30% des personnes traitées par ces bNAbs contrôlent leur virémie plus longtemps, un bénéfice qui dépend de facteurs immunologiques préexistants. Une contrainte vient toutefois le limiter: les souches récentes du VIH-1 sont de moins en moins sensibles à ces anticorps.

AIDS 2026: quand la frontière interrompt la prévention

Cinq présentations de quelques minutes chacune, un même constat: la mobilité fait éclater les parcours de prévention et de soins. À Rio, la session du Track D de AIDS 2026 consacrée aux migrations a montré comment la langue, la guerre, la stigmatisation ou de simples règles administratives découpent l’accès aux soins en morceaux. Une session frustrante par sa brièveté, qui ouvre pourtant une lucarne sur une dimension majeure de la vie des individus et des populations: se déplacer.

PEPFAR: 1 714 sites de soins fermés dans 46 pays

La plus vaste enquête jamais menée sur les conséquences du désengagement américain a interrogé 166 organisations partenaires du PEPFAR dans 46 pays. Résultat: 1 714 sites de services fermés, une organisation sur deux privée d’au moins une subvention, et des services aux populations clés arrêtés dans près de trois cas sur quatre. Présentée à Rio dans la session «Co-Chairs’ Choice», elle montre que la casse frappe d’abord les structures locales, celles-là mêmes sur lesquelles repose la pérennité du programme.

MK-8527 : La PrEP orale mensuelle à l’essai

Le MK-8527 est un nouveau candidat pour la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale, en une seule prise par mois. Il est testé chez les hommes cis, femmes trans et hommes trans dans l’essai international EXPrESSIVE-11, où trois centres parisiens et un centre suisse sont les seuls sites européens. le Dr. Martin Siguier, investigateur principal pour l’hôpital Tenon à Paris, revient sur le mécanisme de la molécule, le déroulement de l’essai, les freins au recrutement et l’horizon d’une éventuelle mise à disposition.

AIDS 2026 à Rio: l’innovation face aux coupes budgétaires

La 26e Conférence internationale sur le sida se tient à Rio de Janeiro du 26 au 31 juillet, sur le thème «Repenser, reconstruire, se relever». Prévention hautement efficace, prise en charge simplifiée, recherche sur la guérison: les avancées annoncées sont nombreuses. Elles arrivent au moment où reculent les financements internationaux, et l’expertise scientifique elle-même.

Dépistage systématique des IST sous PrEP: la France à contre-courant ?

Faut-il continuer à dépister tous les trois mois les infections sexuellement transmissibles chez les hommes sous PrEP, même en l’absence du moindre symptôme? La Belgique a répondu non et a retiré ce dépistage systématique de ses recommandations, données d’essai à l’appui. Réunis aux Journées santé sexuelle de la SFLS au début du mois de juin 2026, ses voisins, France comprise, mesure l’écart qui les sépare désormais de Bruxelles.

Dermatophilose : une IST émergente chez les HSH

Deux équipes hospitalières, l’une à Lyon et Paris, l’autre à Barcelone, viennent de décrire dix-huit cas d’une infection cutanée d’origine animale, la dermatophilose, chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) sans le moindre contact avec du bétail. Le séquençage des souches, quasi identiques au sein de chaque foyer, oriente vers une transmission de peau à peau pendant les rapports. Bénigne et sensible aux antibiotiques, l’infection intrigue surtout par ce qu’elle annonce : une bactérie réputée animale pourrait s’installer dans les réseaux sexuels, comme le mpox avant elle.

Vaccination HPV : faut-il passer à l’obligation ?

Les papillomavirus humains (HPV) provoquent chaque année en France près de 7 000 cancers et plus de 1 000 décès, qui pourraient être évités par la vaccination des adolescents. La couverture plafonne pourtant à 35% chez les filles et 27% chez les garçons, loin des 80% atteints en Australie, au Royaume-Uni ou au Portugal. Pour Mélanie Heard (Terra Nova), ce retard tient moins à la défiance des familles qu’à l’hésitation politique d’une action publique qui n’ose pas trancher entre recommandation et obligation.

CSF-2023 dans les Outre-mer : des indicateurs attendus

L’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) a publié le 14 avril 2026 les premiers résultats du volet Outre-mer de l’enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), menée en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. À ce stade, les chiffres restent succincts : principaux indicateurs par sexe, plus rarement par âge, sans comparaison ni avec l’Hexagone ni avec les enquêtes antérieures. Ces quatre départements concentrant les indicateurs de santé sexuelle les plus dégradés du territoire national, des analyses contextualisées sont d’autant plus nécessaires et urgentes.

Prise de poids sous ARV: agir au-delà du switch

À l’AFRAVIH 2026, deux présentations ont remis la prise de poids sévère et l’obésité au centre du suivi des personnes vivant avec le VIH. Les inhibiteurs d’intégrase et le ténofovir alafénamide (TAF) sont clairement associés à une prise de poids, mais arrêter ces molécules ne suffit presque jamais à rendre les kilos. Le débat se déplace vers les analogues du GLP-1, l’activité physique et la prévention au moment de l’initiation du traitement.

HPV : «Plus on vaccine tôt, plus on a de chances de prévenir un cancer»

À 58% de couverture pour une dose à 15 ans, à peine 48% pour deux doses à 16 ans: la France reste très en deçà des pays qui voient déjà le cancer du col de l’utérus en voie d’éradication. Pour le Pr Geoffroy Canlorbe, gynécologue cancérologue à la Pitié-Salpêtrière, secrétaire de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) et vice-président du CRCDC France, le constat est sans appel: «on est à la ramasse.» Vaccination, dépistage, partenaires, immunité: il revient en détail sur un dossier compliqué, où les blocages persistants n’empêchent pas de vrais succès en 2026.

AFRAVIH 2026 à Lausanne: la lutte contre le sida à l’épreuve du choc Trump

Le 13ème congrès de l’AFRAVIH s’est tenu à Lausanne du 4 au 7 mai 2026, sous la présidence de Mathias Cavassini et de «l’hyper présidence» de Christine Katlama, fondatrice et présidente de l’AFRAVIH. Plus de 800 participants venus de 41 pays, dont 20 pays d’Afrique francophone, s’y sont retrouvés. C’est l’occasion, comme à chaque édition, pour des équipes du nord et du sud, médecins, chercheurs et acteurs communautaires, d’échanger leurs expériences, de confronter leurs difficultés et de construire de nouveaux projets ensemble.

Le «Morbidity and Mortality Weekly Report» fragilisé: une alternative voit le jour

Le 17 décembre 2025, le New England Journal of Medicine et le CIDRAP, centre de l’université du Minnesota dédié aux maladies infectieuses, ont publié les premiers numéros de Public Health Alerts, une nouvelle série conçue comme un relais du Morbidity and Mortality Weekly Report du CDC, dont la régularité, et la crédibilité, a été sérieusement mise à mal sous l’administration Trump.

PrEP+contraceptif : un essai décevant en Afrique du Sud

Une gélule combinant PrEP et contraception orale a été testée auprès de 96 femmes sud-africaines pendant 48 semaines. L’observance reste basse, neuf grossesses et trois séroconversions sont survenues. Le seul enseignement net : aucune stratégie ne s’impose, le choix entre méthodes demeure essentiel.

Vieillir avec le VIH: ce que la science dit sur le cerveau

«When I’m 64: Neurodégénérescence, vieillissement épigénétique et cognition chez les personnes âgées vivant avec le VIH»: à la dernière CROI, un symposium dédié au vieillissement cérébral des personnes vivant avec le VIH a dressé un état des lieux des connaissances sur la neurodégénérescence, les horloges épigénétiques et les pistes pour une santé cérébrale proactive.

Femmes trans sous PrEP : la rétention reste un défi

Publiés dans Sexually Transmitted Infections, les résultats du suivi de 209 femmes trans sous PrEP à l’hôpital Bichat (Paris) documentent un taux d’interruption trois fois supérieur à celui observé dans PREVENIR, la cohorte francilienne de référence chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Aucune variable individuelle (âge, travail sexuel, traitement hormonal) n’explique cet écart. C’est ce constat qui a poussé la clinique et l’association Acceptess-T à repenser leur modèle avec « PrEP à porter », dont les résultats préliminaires seront présentés à l’AFRAVIH 2026 à Lausanne.

PrEP injectable : la SFLS publie son guide de prescription et appelle à lever les freins

La Société française de lutte contre le sida (SFLS) publie un guide pratique à destination des prescripteurs de cabotégravir injectable (Apretude®), accompagné d’un communiqué qui salue l’arrivée de cette nouvelle option de prévention mais identifie quatre chantiers urgents pour que la PrEP injectable atteigne les publics qui pourraient en bénéficier le plus.