Dépistage systématique des IST sous PrEP: la France à contre-courant ?

Faut-il continuer à dépister tous les trois mois les infections sexuellement transmissibles chez les hommes sous PrEP, même en l’absence du moindre symptôme? La Belgique a répondu non et a retiré ce dépistage systématique de ses recommandations, données d’essai à l’appui. Réunis aux Journées santé sexuelle de la SFLS au début du mois de juin 2026, ses voisins, France comprise, mesure l’écart qui les sépare désormais de Bruxelles.

Dermatophilose : une IST émergente chez les HSH

Deux équipes hospitalières, l’une à Lyon et Paris, l’autre à Barcelone, viennent de décrire dix-huit cas d’une infection cutanée d’origine animale, la dermatophilose, chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) sans le moindre contact avec du bétail. Le séquençage des souches, quasi identiques au sein de chaque foyer, oriente vers une transmission de peau à peau pendant les rapports. Bénigne et sensible aux antibiotiques, l’infection intrigue surtout par ce qu’elle annonce : une bactérie réputée animale pourrait s’installer dans les réseaux sexuels, comme le mpox avant elle.

Vaccination HPV : faut-il passer à l’obligation ?

Les papillomavirus humains (HPV) provoquent chaque année en France près de 7 000 cancers et plus de 1 000 décès, qui pourraient être évités par la vaccination des adolescents. La couverture plafonne pourtant à 35% chez les filles et 27% chez les garçons, loin des 80% atteints en Australie, au Royaume-Uni ou au Portugal. Pour Mélanie Heard (Terra Nova), ce retard tient moins à la défiance des familles qu’à l’hésitation politique d’une action publique qui n’ose pas trancher entre recommandation et obligation.

CSF-2023 dans les Outre-mer : des indicateurs attendus

L’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) a publié le 14 avril 2026 les premiers résultats du volet Outre-mer de l’enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), menée en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. À ce stade, les chiffres restent succincts : principaux indicateurs par sexe, plus rarement par âge, sans comparaison ni avec l’Hexagone ni avec les enquêtes antérieures. Ces quatre départements concentrant les indicateurs de santé sexuelle les plus dégradés du territoire national, des analyses contextualisées sont d’autant plus nécessaires et urgentes.

Femmes trans sous PrEP : la rétention reste un défi

Publiés dans Sexually Transmitted Infections, les résultats du suivi de 209 femmes trans sous PrEP à l’hôpital Bichat (Paris) documentent un taux d’interruption trois fois supérieur à celui observé dans PREVENIR, la cohorte francilienne de référence chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Aucune variable individuelle (âge, travail sexuel, traitement hormonal) n’explique cet écart. C’est ce constat qui a poussé la clinique et l’association Acceptess-T à repenser leur modèle avec « PrEP à porter », dont les résultats préliminaires seront présentés à l’AFRAVIH 2026 à Lausanne.