La PrEP progresse en France, mais pas dans toutes les populations

Les chiffres très récents de la PrEP – jusqu’en juin 2022 – mettent en évidence une reprise soutenue de son utilisation en France après le coup d’arrêt de 2020 et une forte augmentation de sa prescription en ville. Néanmoins, sa diffusion à toutes les catégories de population exposées face au VIH reste encore limitée et de larges marges existent pour que de nouveaux publics en bénéficient.

En 2022, on ne peut plus être contre la PrEP!

On connaissait déjà les prises de position contre la PrEP du professeur Éric Caumes. Il va plus loin dans un entretien à l’Express publié le 23 octobre dernier, en promotion de son livre, «Sexe, les nouveaux dangers»: non seulement les hommes qui ont des rapports sexuels entre hommes auraient «une sexualité débridée», mais ils seraient une menace pour la population générale, pour l’assurance maladie, pour l’Europe en y introduisant les épidémies venues d’ailleurs, ils seraient privilégiés par rapport aux “vrais malades”. 

PrEP en injectable : explorer les échecs

En France, le cabotégravir est autorisé en traitement injectable contre le VIH, mais pas pour une utilisation préventive (PreP). Pour le Dr Romain Palich (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière), qui faisait un point sur les intérêts, et les limites, de la prophylaxie pré-exposition injectable à l’occasion des journées thématiques 2022 de la SFLS/SPILF/SPF, elle devrait débarquer en France dans le courant de l’année.

Vaccination contre le VIH: où en est-on ?

Même si les nouvelles infections par le VIH ont été réduites de moitié depuis le pic de 1997, les données récentes montrent que le nombre de personnes infectées continuera d’augmenter à moins que des stratégies préventives plus efficaces ne soient mises en place. Contrairement à ce qui a été le cas avec le vaccin anti-Covid-19, les problématiques pour un vaccin anti-VIH portent moins sur la question du choix de la plateforme vaccinale que sur la caractérisation de l’antigène vaccinal.

PrEP : PREVENIR confirme la très grande efficacité de la prise à la demande

Si le 100% de protection n’existe pas en recherche et en prévention, les excellents résultats de l’étude Prévenir s’en rapprochent pourtant. Présentés à la CROI 2021 par le Pr Jean-Michel Molina, principal investigateur de l’étude, les chiffres confortent la très grande efficacité de la PrEP intermittente: après trois ans et 3 000 personnes très exposées au VIH suivies, seules six infections à VIH sont à déplorer, et toutes sont dues à une mauvaise observance du traitement.