Un troisième cas de guérison fonctionnelle du VIH a été présenté à l’occasion de la CROI 2023, renforçant une nouvelle fois les espoirs de la communauté thérapeutique internationale d’arriver un jour à une cure durable.
Après trois années de disette présentielle en tant que réunion entièrement virtuelle —constat partagé dans l’avion—, on n’en peut plus de la 2D et de la copie d’écran! On veut du vivace, de l’échange, du physique même distancié, même masqué (FFP2 exigé au congrés + pass vaccinal), on veut le conférencier non-US citizen qui ne comprend pas la question, on attend l’activiste de toutes les CROI avec sa question vécue et pointue, et Christine Katlama qui remet la France au centre dans une question sans fin.
La 30e conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) se tient cette année du 19 au 22 février 2023, en personne, au nouveau Summit Convention Center à Seattle, Washington. Au programme, la dernière recherche autour du VIH, des hépatites et des infections sexuellement transmissibles, mais aussi autour de certains cancers et des maladies infectieuses. Sans oublier, bien sûr, ce qu’on appelle les maladies émergentes, telles que le Covid-19 et le mpox, anciennement connu en tant que variole du singe.
«Nous avons tous commencé à militer à partir d’émotions, de deuils, de colères, de rages, de dégoûts, face aux stigmates, à la violence de l’institution médicale quand elle ne nous ignorait pas complétement.» Daniel Defert, Congrès de Aides, Nantes, 2017.
Pour les militants de la politique de réduction des risques (RdR) Nicole Maestracci, membre du Conseil constitutionnel décédée le 7 avril dernier, restera à jamais l’autrice du «Savoir plus, risquer moins», une campagne qui vulgarise un slogan révolutionnaire: «il n’y a pas de société sans drogues». Pourtant, cette magistrate attachée au rôle symbolique de la loi, fut aussi à l’origine de l’émergence d’un pouvoir médical hégémonique popularisé sous le nom d’addictologie. Au-delà de la profonde humanité qui caractérise son souvenir, sa disparition nous amène à réfléchir sur la remarquable imperméabilité française à toute modification du cadre répressif en matière de drogues.