Séroprévalence du virus du Nil occidental en France : une circulation plus discrète, mais plus étendue qu’on ne le pensait
Longtemps cantonné, dans l’imaginaire sanitaire français, au pourtour méditerranéen et à la Camargue, le virus du Nil occidental (West Nile virus, WNV) n’a jamais fait l’objet d’une évaluation nationale de sa circulation dans la population. Une équipe de l’Unité des Virus Émergents de Marseille, dirigée par Xavier de Lamballerie (chef du service de bactériologie, virologie, parasitologie-mycologie et immuno-allergologie du LBM Pôle Infectiologie de l’IHU Méditerranée Infection), comble cette lacune avec la première étude de séroprévalence du WNV menée à l’échelle de la France métropolitaine, publiée début juillet dans Eurosurveillance. Réalisée à partir de plus de 44 000 dons de sang collectés en 2021 et 2022, elle confirme une circulation globalement faible du virus, mais révèle aussi une signature sérologique inattendue dans des régions jusqu’ici considérées comme épargnées — avant même que les premiers cas humains n’y soient officiellement signalés.