Séroprévalence du virus du Nil occidental en France : une circulation plus discrète, mais plus étendue qu’on ne le pensait

Longtemps cantonné, dans l’imaginaire sanitaire français, au pourtour méditerranéen et à la Camargue, le virus du Nil occidental (West Nile virus, WNV) n’a jamais fait l’objet d’une évaluation nationale de sa circulation dans la population. Une équipe de l’Unité des Virus Émergents de Marseille, dirigée par Xavier de Lamballerie (chef du service de bactériologie, virologie, parasitologie-mycologie et immuno-allergologie du LBM Pôle Infectiologie de l’IHU Méditerranée Infection), comble cette lacune avec la première étude de séroprévalence du WNV menée à l’échelle de la France métropolitaine, publiée début juillet dans Eurosurveillance. Réalisée à partir de plus de 44 000 dons de sang collectés en 2021 et 2022, elle confirme une circulation globalement faible du virus, mais révèle aussi une signature sérologique inattendue dans des régions jusqu’ici considérées comme épargnées — avant même que les premiers cas humains n’y soient officiellement signalés.

Diffusion du virus du Nil occidental en Europe : deux études dessinent les contours d’une menace croissante

Le virus du Nil occidental (ou West Nile virus, WNV) n’est plus une curiosité exotique réservée aux manuels de virologie. Transmis à l’être humain par la piqûre de moustiques du genre Culex, eux-mêmes infectés au contact d’oiseaux réservoirs, ce pathogène s’est progressivement installé sur l’ensemble du continent européen depuis les années 1960. La saison 2024 a constitué un tournant : 19 pays ont déclaré 1 436 cas humains autochtones dans 212 régions, soit la plus large distribution géographique jamais enregistrée en Europe. Deux études publiées en avril 2026 dans Eurosurveillance apportent un éclairage complémentaire sur cette dynamique — l’une depuis l’Espagne, l’autre depuis la Hongrie — et, ensemble, dessinent une cartographie inédite du risque épidémique à l’échelle continentale.

Climat et infections : l’Europe face au risque vectoriel

Le changement climatique n’est plus une menace lointaine ou strictement environnementale: il agit déjà comme un puissant accélérateur biologique, redéfinissant les frontières sanitaires de l’Europe et exposant les populations à des risques infectieux qui, jusqu’à récemment, étaient associés aux seules zones tropicales. Les échanges scientifiques de la 15ᵉ journée «Climat et Santé», organisée par Météo et Climat le 10 décembre 2025 à Paris, ont permis de documenter avec précision les mécanismes qui sous-tendent cette transformation.

West Nile : un vaccin vivant atténué à base de dinucléotides ouvre une nouvelle voie

Une équipe internationale vient de concevoir un candidat vaccin vivant contre le virus du Nil occidental (ou West Nile Virus – WNV) en modifiant son génome pour le rendre facilement détectable par les défenses antivirales naturelles. Une approche innovante qui pourrait transformer la conception des vaccins contre les flavivirus, de la dengue à Zika.

Cas humain de West Nile en Gironde

L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a confirmé début août un premier cas humain autochtone d’infection à virus West Nile chez une personne résidant à Bordeaux. Cinq cas au total sont en cours d’investigation en Gironde, en lien avec Santé publique France. Ce sont les premiers cas humains acquis en Nouvelle-Aquitaine, ces infections ayant été jusqu’à présent retrouvées en France dans le pourtour méditerranéen.