Ipergay, premier essai de Prep «à la demande» chez les gays

L’essai s’adressait à des hommes et à des personnes trans séronégatifs pour le VIH ayant des relations anales avec des hommes sans utilisation systématique d’un préservatif, avec au moins deux partenaires sexuels différents dans les six mois précédant leur participation à l’essai. L’essai s’étalera pour les volontaires sur une durée minimale de 12 mois et maximale de 48 mois.

Coordonné par le Pr Jean-Michel Molina (Université Paris-Diderot Paris 7, et Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris), il était conduit depuis février 2012 chez des HSH très exposés au VIH. L’essai s’accompagnait d’un ensemble de mesures:

  • conseils personnalisés et rapprochés de prévention
  • dépistages répétés du VIH
  • dépistage et traitement des autres infections sexuellement transmissibles
  • vaccination contre l’hépatite B
  • distribution de préservatifs et de gel

Les participants ont été répartis par tirage au sort dans deux groupes : l’un recevait du Truvada®, l’autre son placebo. Cette étude en double aveugle (ni les participants ni les médecins ne connaissent le traitement reçu) a été mené chez plus de 400 volontaires en France et au Canada.

Après la décision prise par l’équipe de PROUD de donner une PrEP continue par Truvada® à tous les participants de l’étude britannique, l’ANRS a saisi en urgence le comité indépendant de son essai qui a constaté une différence d’incidence significative entre les deux groupes avec une réduction très importante du risque d’infection par le VIH. Tous les participants de l’essai ont alors pu bénéficier de la Prep. L’essai s’est poursuivi pendant au moins un an, afin de s’assurer du maintien du bénéfice préventif sur le long terme et d’en apprécier également la tolérance.

Le lancement du projet ne s’est pas déroulé sans accrocs. Ce projet d’essai a soulevé quelques réticences dans la communauté homosexuelle et les associations de lutte contre le sida, qui voulaient s’assurer que les participants ne soient pas exposés à un risque plus grand de contamination et surtout, que les éventuels comportements de désinhibition seraient pris en compte. Le comité associatif, qui participait activement à l’étude, s’était d’ailleurs montré divisé à plusieurs reprises.

Les résultats sont attendus pour la CROI 2015.

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