IprEx-OLE (pour Open Label extension), apporte des éléments additionnels, grâce à un recul d’un an et demi supplémentaire, sur l’intérêt d’une prévention à l’aide de la PrEP , mais aussi et surtout des indications quant à la réception et la demande de cet outil parmi les participants à hauts risques d’infection par le VIH . Cette étude observationnelle a été menée sur 1 600 hommes ou femmes trans dans différents pays d’Amérique (Pérou, Equateur, Etats-Unis ou Brésil), en Afrique du Sud et en Thaïlande, pendant 72 semaines. Elle a été financée par le National Institute of Health américain, avec le don des comprimés de Truvada par le laboratoire Gilead. Tous les participants avaient déjà pris part à l’essai IPrEx par voie orale et restaient éligibles à poursuivre l’étude. 76 % d’entre eux ont accepté d’emblée ou de manière différée la prise quotidienne, tandis que le reste a choisi de participer à l’étude sans recevoir de traitement. Entre 2011 et 2012, les participants ont été inclus progressivement, jusqu’à la fin de l’implémentation, en décembre 2013.

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Dès trois prises par semaine, l’incidence tombe à 0,6 % donc la réduction du risque de contamination atteint plus de 90 %. Et pour quatre prises par semaine et plus, aucun des participants à IPrEx ne s’est contaminé. Une preuve scientifique imparable qui fait dire au responsable du protocole, le docteur Grant, que "ces résultats démontre que la PrEP demeure hautement efficace, même dans des conditions réelles et avec une observance qui ne semble pas être parfaite".

Essai iPrex: Nouvelles données fondamentales sur la Prep, Séronet.

Le traitement n’a eu aucun impact sur les risques d’infection des participants qui prenaient moins de deux doses par semaine. Pour les participants qui prenaient entre deux à trois doses par semaine, le traitement a réduit les risques d’acquisition du VIH de 84%. Aucune infection du VIH n’a été observée dans le sous-groupe qui prenait quatre doses ou plus par semaine. Mais un tiers des participants seulement a réussi à atteindre un tel taux d’adhésion.

L’adhésion a été fortement associée à l’âge: les participants ayant une trentaine ou une quarantaine d’années étaient deux ou trois fois plus susceptibles d’avoir un taux détectable de médicament PrEP dans leur sang que les personnes plus jeunes.

PrEP: Une étude souligne l’importance de l’adhésion, Aidsmap.

Quelle prescription et quelle prise en charge ?

Au Canada, les praticiens du Québec utilisent déjà la Prep auprès des populations exposées, suivant un protocole :

«Ils ont démontré que si les gens le prenaient deux à trois fois par semaine, il y avait une réduction de 90% de transmission du virus et s’ils prenaient quatre à sept comprimés par semaine, c’est 100% efficace», explique le Dr Thomas, impressionné.

Il prescrit déjà le Truvada à 50 patients de la clinique L’Actuel à Montréal. «On ne prescrit pas ça à n’importe qui, on a un protocole. On a des tests de dépistage à tous les trois mois. Ces gens sont pris en charge».

Il cite l’exemple de patients homosexuels avec un problème de drogue ou qui ont un partenaire séropositif . Et rappelle que la prévention évite de devoir payer la trithérapie pour le restant de ses jours. Il prescrit le médicament pour un an ou deux maximum.

Un médicament miraculeux pour prévenir le VIH, Le Journal de Québec.

Des résultats qui ne doivent pas faire oublier les questions pratiques liées à la mise en place de la Prep, et en particulier, le coût de ces traitements.

Le Truvada est actuellement disponible dans le cadre d'une recommandation temporaire d'utilisation ( RTU ). Il est commercialisé par la firme américaine 520 euros les 30 comprimés et pris en charge à 100%. Gilead Sciences maintiendra-t-il ce prix pour une utilisation préventive? Sur le fond la question soulevée est de taille dans la mesure, notamment, où la sécurité sociale ne prend pas en charge les actes de prévention.

Sida: il existe un médicament pour prévenir l'infection. Qui paiera le Truvada?, Slate.