La réduction des risques sexuels chez les gays australiens

La réduction des risques sexuels (RDR) divise les acteurs de prévention, entre ceux qui y voient une nouvelle voie de travail et ceux qui s’y opposent fermement. Une étude australienne1Article de Jin F, et al. , Unprotected anal intercourse, risk reduction behaviours, and subsequent HIV infection in a cohort of homosexual men. Aids 2009, 23:243-252 menée à Sydney dans la population gay, publiée dans AIDS, étudie les conséquences en matière d’infection au VIH de quatre stratégies de RDR. Les résultats de cette enquête, dont l’intérêt est souligné dans l’éditorial de AIDS2Frits van Griensven, Non condom use risk reduction behaviours: can they help to contain the srpead of HIV infection among men who have sexe with men ? AIDS 2009, 23:253–255 ouvrent de nombreuses pistes de discussion.

Michel Kazatchkine : «Maintenir la priorité à la santé dans le développement»

Michel Kazatchkine est le président du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Lors de la conférence de Mexico en août 2008, il avait répondu aux questions de Christophe Martet et Philippe Perin pour Transcriptases. Michel Kazatchkine est aussi le président du conseil d’administration de l’association éditrice de vih.org, Pistes.

Greffe de moelle et VIH : Quel intérêt thérapeutique ?

Le New England Journal of Medecine vient de publier l’article concernant la guérison d’une personne séropositive pour le VIH suite à une greffe de moelle osseuse. Cette nouvelle a donné lieu à beaucoup d’espoirs dans le monde du VIH, laissant espérer l’avènement de solutions thérapeutiques permettant de guérir demain les personnes atteintes du VIH. Cet élan doit cependant être modéré par les vraies conclusions que l’on peut tirer de cette histoire clinique, en rappelant le contexte et les risques liés à une greffe de moelle osseuse.

Homosexuels masculins : une épidémie sous-estimée

Alors que les premiers cas de sida ont été diagnostiqués au début des années 1980 chez des jeunes hommes homosexuels dans les pays occidentaux, la place des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH1Nous parlerons ici de manière générique des HSH (MSM en anglais) bien que les populations incluses dans cette catégorie divergent selon les publications et les pays. Tout d’abord, il importe de ne pas oublier qu’une majorité d’HSH ont également des rapports sexuels avec des femmes et qu’ils ne se reconnaissent pas tous dans les identités «gay», «homosexuel» ou «queer». De plus, les «travailleurs du sexe masculins», les «travestis», les personnes «transgenre» sont parfois comptabilisés en tant qu’HSH, parfois enregistrés dans des catégories spécifiques ou bien non comptés.) dans l’épidémie est encore sous-estimée au niveau mondial.

Dynamique de la transmission : comprendre pour mieux combattre

Si la XVIIe conférence mondiale sur le sida a été riche en communications sur les techniques et les stratégies de prévention, elle a aussi permis de découvrir les outils d’analyse et de compréhension de la dynamique de l’épidémie ainsi que les méthodes d’évaluation des interventions.

Criminalisation de la transmission du VIH : vers une mobilisation globale ?

Les problématiques des droits de l’homme, de la lutte contre les discriminations et contre la stigmatisation, ont rarement été autant abordées pendant les conférences mondiales que lors de celle qui s’est tenue à Mexico, tant au niveau des sessions plénières, des posters que des réunions satellites.

Françoise Barré-Sinoussi : «les antirétroviraux pourraient jouer un rôle actif dans la prévention»

Le Pr Françoise Barré-Sinoussi, de l’Institut Pasteur (voir notre interview de janvier 2009), était bien évidemment à la CROI 2009. Jean-Philippe Madiou, pour le e-journal de la Lettre de l’infectiologue, l’a interrogée sur sa 1e CROI en tant que Prix Nobel de Médecine 2008 et a accepté que nous reproduisions ici cet entretien.

La prophylaxie pré-exposition à l’étude

« Tsais combien la CROI d’ché nous s’est pas calicer de tout1Se calicer de tout : se moquer de tout en québécois sur la prévention ! » En d’autres mots : le comité de programme de cette 16éme CROI en terre québécoise avait décidé de donner une large place aux méthodes novatrices de prévention et notamment à la prophylaxie pré-exposition (PrEP). C’est donc en séance plénière, ce mardi, que l’on se devait de tout savoir sur la PrEP (25° dedans et -6° dehors, gel dehors et gel antirétroviral dedans, dés 8h30 ; mais le proverbe québécois dit : « si tu trouves moins 6 degrés seulement un peu frisquet, tu vis au Québec »).

Le point sur l’administration de l’abacavir et le risque cardiovasculaire

Les communications en «late breaker» de la conférence de Mexico sur l’association récemment retrouvée de manière inattendue entre abacavir et risque cardiovasculaire permettent de faire le point sur cette question.

Cet article a été publié dans Transcriptases n°138.

La mortalité des patients infectés par le VIH a spectaculairement chuté depuis la mise à disposition de combinaisons antirétrovirales efficaces et actuellement d’autres problématiques ont émergé dans la population plus âgée des personnes infectées par le VIH, et en particulier les maladies cardiovasculaires qui constituent la quatrième cause de décès (8%) des personnes infectées.

Enfants et VIH/sida : le sujet n’est pas mineur !

Les enfants ne sont pas «un sujet mineur»1Richter L, « No small issues : Children and families », WEPL0102, comme est venue le rap­peler le Pr Linda Richter, d’Afrique du Sud, à l’occasion de la première session plénière dans une conférence mondiale consacrée au bien-être des enfants affectés par le VIH/sida.

Etablissement et persistance du réservoir viral

La notion de goulot d’étranglement génétique, ou «genetic bottleneck», correspond au fait que les souches VIH isolées durant la phase de primo-infection sont génétiquement uniformes, ce qui suggère qu’un seul variant viral est en général transmis et/ou propagé chez un individu nouvellement infecté. Cette uniformité génétique est également retrouvée lors de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

Essai ANRS 139 Trio : des résultats spectaculaires

Les résultats préliminaires à 24 semaines de l’essai ANRS 139 Trio, une trithérapie inédite associant trois nouvelles molécules de trois classes d’antirétroviraux différentes chez des patients présentant des virus multi-résistants, ont été rapportés dans la session des « late breakers » par Yazdan Yazdanpanah1Yazdanpanah Y et al., « High rate of virologic success with raltegravir plus etravirine and darunavir/ritonavir in treatment-experienced patients with multidrug-resistant virus : results of the ANRS 139 Trio trial », THAB0406.

Cet article a été publié dans Transcriptases n°138

L’essai Trio est l’essai ANRS 139 réalisé en France dans 49 centres, et dont les inclusions avaient débuté en mai 2007. C’est un essai pilote non comparatif de phase II. Ses objectifs sont de décrire l’efficacité virologique (à 48 et 96 semaines), l’évolution des paramètres immunologiques, la tolérance et les paramètres pharmacologiques d’une trithérapie entièrement neuve constituée de :

Coinfections par les virus des hépatites et le VIH

Indiscutablement, la conférence de l’IAS est peu portée sur les coinfections et les atteintes hépatiques. Sans doute les aspects cliniques et thérapeutiques de ces comorbidités s’inscrivent-ils mieux dans d’autres conférences, à l’instar de la CROI ou de l’AASLD. Il y eu néanmoins en terre mexicaine quelques informations tangibles sur les rapports entre virus hépatotropes, VIH et foie. De Paris, revue de détail forcément partiale et partielle.

L’impact chez les femmes de la criminalisation de la transmission du VIH

A Mexico, des craintes se sont exprimées à de nombreuses reprises devant la montée en puissance de la criminalisation de la transmission du VIH. Alors que de nombreux pays mettent en place des lois pénalisant la transmission du VIH au nom de la protection des femmes et des jeunes filles, des femmes activistes ont condamné cette politique et les arguments sur lesquels elle est fondée

«La prévention risque d’en pâtir»

Philippe Talavera est le directeur de Ombetja Yehinga Organisation (OYO) en Namibie. Vih.org l’a rencontré à l’occasion de l’ICASA 2008, en décembre 2008 à Dakar. Il avait accepté de répondre à nos questions et de présenter son action. Son association s’occupe principalement de prévention à travers l’art. Le Namibie n’étant pas pour l’instant sur la liste des pays qui bénéficiera du Fonds dans l’année à venir, Philippe Talavera craint que la diminution des financements ne soit d’abord dommageable aux actions de prévention.