Chemsex, une réalité ambivalente
Il est difficile d’isoler les pratiques du chemsex des autres caractéristiques de la condition gay, entre risque VIH, opprobre sociale, et ressourcement communautaire. Quelques enseignements de l’étude Apaches.
Il est difficile d’isoler les pratiques du chemsex des autres caractéristiques de la condition gay, entre risque VIH, opprobre sociale, et ressourcement communautaire. Quelques enseignements de l’étude Apaches.
«Envoyés spéciaux» sur les scènes d’Aulnay, Aubervilliers et Marseille, Vincent Benso et Didier Jayle témoignent de la redynamisation des scènes ouvertes de consommation, à l’époque où paradoxalement les grandes villes se dotent de salles de consommation dites à moindres risques.
La CND a consacré cinq événements à la crise des opioïdes, qui bouscule le concept d’un «monde sans drogues». Une résolution (L7) a été adoptée, pour «promouvoir des solutions efficaces et novatrices, au moyen d’une action nationale, régionale et internationale, pour faire face aux défis multiformes posés par l’usage non médical des drogues synthétiques, en particulier les opioïdes de synthèse».
À Vienne, en mars derniers, 2000 personnes étaient réunies pour le Segment ministériel et la 62e session de la Commission des stupéfiants de l’ONUDC. Au menu: 90 événements parallèles, 9 résolutions débattues mot par mot, une Déclaration politique adoptée avant l’ouverture des débats. Pour le néophyte, la réunion viennoise de la CND, c’est un mélange détonant de déclarations grandiloquentes et schizophréniques, de protocoles bien huilés et de résultats apparemment vains…
Qu’est-ce qui coince avec la naloxone ? Cet antagoniste aux opiacés permet de sauver des personnes qui font une overdose et commence à montrer son intérêt aux États-Unis dans le contexte de la crise des opioïdes, comme l’a montré Sandra Comer (Columbia University, New York)à Biarritz. En France, une stratégie de prévention des surdoses d’opioïdes a été présentée fin juillet par leministère de la Santé, qui décline 5 objectifs et 18 actions, pour notamment « assurer une diffusion large de la naloxone prête à l’emploi ». Sur le terrain, comme l’a montré un atelier du colloque ATHS, ça patine.
En mars dernier, s’est tenue à Vienne la 62e session de la Commission on Narcotic Drugs (CND) de l’ONU. Énième symposium d’une bureaucratie onusienne qui tourne à vide ou véritable arène décisionnelle qui pourrait prendre le grand tournant tant espéré des partisans de la légalisation et de la réduction des risques ? Avant de trancher, retraçons ici l’histoire de ce système qui borne depuis plusieurs décennies tout débat national sur la question des drogues et invite de nombreuses délégations nationales à venir pratiquer une curieuse valse de Vienne à chaque printemps.
La légalisation du cannabis à usage récréatif et médical dans un nombre croissant d’États à travers le monde suscite l’intérêt marqué d’acteurs issus du monde des affaires, attirés par un marché jugé prometteur. De la contreculture des années 1960 au Nasdaq, le statut de la marijuana a radicalement changé.
Une étude de la Glasgow Caledonian University (GCU) publiée par The Lancet met en évidence une augmentation de la prévalence du VIH chez des injecteurs de cocaïne, inédite depuis trente ans au Royaume-Uni.
Tout est bon dans le chanvre, s’enthousiasme-t-on lors du colloque «Chanvre bien-être, une nouvelle filière en France», organisé à l’Assemblée nationale le 11 juillet dernier.
Le Nouvel observateur publie un « appel des 70 » pour la légalisation du cannabis le 19 juin 2019. Soixante-dix personnalités (économistes, médecins et politiques) appellent à cesser une politique répressive «coûteuse et inefficace», au profit d’une légalisation encadrée pour protéger les mineurs, la sécurité et la santé publique.
Le gouvernement helvète veut autoriser des essais pilotes sur la question du cannabis, lors desquels du cannabis sous différentes formes serait remis et vendu licitement à 5 000 participants, déjà consommateurs, afin de trouver «la réglementation la moins dommageable pour la santé publique».
Créée le 5 mai, la plateforme Espoir (Im)patient souhaite faire entendre la voix des patients dans le débat sur l’ouverture de l’usage du cannabis thérapeutique.
Grand débat et crise des Gilets jaunes oblige, il a beaucoup été question du référendum d’initiative citoyenne, ou RIC, ces derniers mois.
Des députés de la majorité LREM demandent la création d’une mission d’information à l’Assemblée sur l’usage «bien-être» du cannabis, arguant «des débouchés considérables» de la culture du chanvre pour les agriculteurs français.
Questionné sur la forme, le Conseil constitutionnel a validé le 21 mars 2019 l’extension de l’amende forfaitaire délictuelle à l’usage de stupéfiants, qui pourra donc faire l’objet d’une amende de 200 euros.
Les professionnels de la santé publique semblent un peu dépassés par la légalisation du cannabis. Pourtant, au-delà des légitimes interrogations, ils auraient des raisons de satisfaction : la consommation chez les mineurs diminue, les prix baissent, ce qui pourrait mettre un coup d’arrêt au marché noir, et s’il y une augmentation des recours aux urgences, il n’y a pas d’intoxication mortelle. Ivana Obradovic était à la 2e North American Cannabis Summit (Los Angeles, 28-30 janvier 2019) et rend compte de cette confrontation.
Au printemps 2018, des cas d’intoxication au GBL, un solvant industriel transformé en GHB une fois ingéré, ont fait les gros titres de la presse. Pouvoirs publics et professionnels du milieu de la nuit redoutaient une hécatombe, qui ne s’est finalement pas produite. Après un détour par l’histoire des usages de ce produit, retour sur la mobilisation qui a accompagné cette série d’accidents.
Proche du système de légalisation mis en place en Uruguay, le cadre canadien implique une politique gouvernementale et nationale proactive pour réduire les dommages associés à l’usage du cannabis via un strict contrôle gouvernemental.
Traiter la dépendance avec du cannabidiol? Si peu d’études ont pour l’heure été menées chez l’Homme, l’idée fait son chemin… et inspire les instigateurs d’une étude-pilote «CANNAVAP».
La rumeur est le plus vieux des médias. Elle accompagne, précède, auréole de peurs et de fantasmes la diffusion des drogues, qui n’ont pas besoin de ça pour effrayer. Perspective historique.