Fabrice Olivet

Fabrice Olivet

ASUD

Auto-support des usagers de drogues (ASUD).

Ses publications (3)

Drogues en Afrique : comment sortir du postcolonial?

Après voir décalqué une partie de la législation française en matière de stupéfiants, de nombreux pays francophones d’Afrique de l’Ouest découvrent la réduction des risques et s’ouvrent à la réflexion d’une réforme pénale. Problème: comment ne pas répéter les mêmes erreurs et trouver un chemin qui ne soit pas dicté par des influences postcoloniales?

Pour changer la loi, il faut sortir du sanitaire

La guerre à la drogue est un ectoplasme – «a boogyman» nous dit Ethan Nadelmann. Ce leurre politique devrait figurer un jour au rayon des curiosités historiques, entre les procès intentés aux animaux et la Grande Peur de 1789. Néanmoins, le caractère protéiforme de l’usage a donné des ailes aux amateurs de répression, étonnés eux-mêmes des possibilités offertes par ce droit de perquisition permanent de la liberté individuelle. Il permet de voguer de la contrainte sanitaire à l’incarcération de masse. Il s’autorise même quelques incursions militaires de type impérialiste, avant de revenir dans son bastion historique, l’ordre moral. Or c’est justement là que se situe la faille. Cette indécente puissance de feu s’avère extrêmement fragile dès lors que l’on ose s’aventurer sur le seul terrain jamais véritablement disputé aux tenants de la prohibition, la question du bien et du mal.

Du concept de prohibition à la notion de guerre

La guerre à la drogue est un slogan qui cache une profonde modification du principe originel de prohibition pour «faire de la politique avec d’autres moyens». Pour Fabrice Olivet d’ASUD, à qui nous ouvrons nos colonnes, cette guerre a été conçue et perpétrée pour cibler certaines catégories de population. La guerre à la drogue serait aussi une guerre sociale, une guerre culturelle, une guerre raciale.