La tendance indéniable de cette CROI, spéciale vue le contexte géopolitique, c’est l’accouplement. Il ne s’agit là ni de santé sexuelle, ni d’une version internationalisée du «réarmement démographique» voulu par Emmanuel Macron pour contrer la baisse de la natalité, mais d’accouplement de molécules anti-VIH.
Présentées à la CROI 2026, les données à long terme des cohortes OPERA et TRIO une incidence du VIH très faible sous cabotégravir injectable en PrEP, comparable à celle des essais cliniques. Elles révèlent toutefois qu’environ un tiers des utilisateurs connaissent des retards d’injection et que le dépistage du VIH reste insuffisamment systématique. Des constats à intégrer alors que la disponibilité en France est imminente.
Rendez-vous scientifique international de référence depuis 1993, la CROI réunit chercheurs fondamentaux et cliniciens autour des avancées sur le VIH les infections sexuellement transmissibles (IST), les hépatites virales, le SARS-CoV-2 et le mpox, entre autre. La 33e Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections se tient du 22 au 25 février 2026 à Denver, Colorado, dans un contexte politique tendu pour la recherche et la santé publique : restructurations des agences fédérales, coupes budgétaires, menaces sur le PEPFAR et retrait des États-Unis de l’OMS, entre autres.
Présentés à la CROI 2026, les résultats des essais PURPOSE 1 et 2 à la fin de la phase randomisée en double aveugle confirment la très haute efficacité du lénacapavir injectable semestriel en PrEP, avec cinq infections sur près de 4 400 participants. L’analyse de résistance des échecs soulève des questions propres à la monothérapie.
Le Pr Gilles Pialoux couvre la CROI 2026 pour le e-journal d’Edimark de la Lettre de l’infectiologue et pour Vih.org. Lundi 23 février, les experts ont présenté des stratégies concrètes pour maintenir les programmes VIH face aux coupes budgétaires qui frappent les pays à ressources limitées.