SFLS 2014 - Dans 20 ans : plus de VHC? Et le VIH?

Publié le 28 Octobre 2014 par

Vingt-ans est-il «le plus bel âge de la vie» (Paul Nizan) pour une association comme la Société Française de Lutte contre le Sida (SFLS)? Cela a été dit et écrit, rien de festif à marquer, ainsi, vingt ans passés dans la lutte contre le VIHOn se laisserait plutôt à rêver de devoir fêter l’avènement de l’éradication du VIH, dont l’attente a pu être jaugée à l’aune de l’intervention en plénière de Brigitte Autran (Pitié Salpétrière, Paris) en un immense point d’interrogation ou de Stanislas Pol (Cochin, Paris) pour qui «c’est un rêve»,  au deuxième jour du XVe Congrès de la SFLS. Voire de rêver à la mise a disposition universelle des coûteuses molécules actives directement contre le VHC (DAA) comme évoqués par Philippe Sogni (Cochin, Paris) dans le but d’éradiquer individuellement le VHC. Quant à l’éradication du VHB, Jean-Michel Pawlotsky  (Henri Mondor, Créteil) l’a qualifiée pour l’heure, de l’ordre du “fantasme”. 

Mais au delà des anniversaires et des prophéties, ce XVe congrès de la SFLS, est une occasion unique de réunir tous les acteurs, médicaux, paramédicaux, psy, chercheurs, travailleurs sociaux, techniciens d’études cliniques et associatifs sur des problématiques pluridisciplinaires. Et qui plus avec des questions de Santé Publique transversales entre le VIH et le VHC: l’éducation à la santé, le rôle clé du dépistage avec l’arrivée des TROD et des Home Tests, les nouveaux outils de réduction des risques et de prévention, la question des indications de traitement, de la rétention sous traitement (linkage of care), le Test and Treat, selon lequel le dépistage et les traitements anti-VHC (comme anti-VIH) peuvent  être utilisés comme outil de prévention ( TasP ou Treatment as Prevention)…

Côté fédérateur, ce fut une belle réussite vu les chiffres de ce premier Congrès parisien : 720 inscrits, 100 abstracts soumis qui ont conduit à 5 communications orales et 81 Posters, des Ateliers simultanés avec plus de 120 personnes, 15 stands associatifs. Des échanges tenus, toujours trop courts. Et même quelques scoops, salués par l’agence de presse APM, à l’instar de l’évaluation de l’acceptabilité et de la compréhension des Home-Tests VIH bientôt disponibles, ou de l’injuste application des textes gérant désormais le passage d’un ATU à l’AMM qui priverait, à terme, les patients co-infectés VIH-VHC de l’association Sofosbuvir/Daclatasvir pour le traitement de leur VHC. Sans compter la première présentation de l’actualisation des Recommandations 2013 par Philippe Morlat lui-même (Bordeaux) portant sur la 1re ligne de traitement. Avec l’intervention de Bruno Hoen (Pointe à Pitre) où ont été présentées les options recommandées pour l'initiation d'un premier traitement antirétroviral en une seule liste de choix où l’on notera le retour du raltegravir, injustement écarté dans la première mouture du Rapport, l’apparition logique du dolutegravir et de l’elvitegravir et la disparition, qui devrait être commentée sur le terrain, du lopinavir/ritonavir et de la nevirapine.

Ce Congrès anniversaire s’est ouvert sur une mise en perspective de Jean-François Delfraissy, le directeur de l’ANRS et le tout récent «Mr Ebola» du gouvernement français, qui mêle une actualité brûlante (diapositive), la recherche débutante d’un traitement et d’un vaccin contre cette fièvre hémorragique qui a fait déjà 5 000 morts dont 10 % de soignants et les transferts de connaissance venus du VIH et du VHC.

Gilles Pialoux est président du XXe Congrès de la SFLS.

Notes

Prise en charge des PPVIH: actualisation 2014 des recommandations

Le Pr Bruno Hoen (Pointe à Pitre) a présenté les options recommandées pour l'initiation d'un premier traitement antirétroviral.

Publié le 28 Octobre 2014 par

Cette actualisation des Recommandations 2013 a permis de clarifier leur gradation (niveaux de preuve et de force), d’actualiser la 1ère ligne de traitement et de mettre à jour les données sur les essais de « switch » (informations pour aider les prescripteurs dans leur choix, recommandations plus « directives » prévues pour 2015 et intégrant les données médico-économiques) :

  • association 2 INTI + 1 INNTI : TDF/FTC + RPV ou EFV , ABC /3TC + EFV – la NVP est abandonnée comme 3ème agent compte tenu de ses contraintes de prescription et de surveillance clinique et biologique pendant les 3 premières semaines de traitement;

initiation d'un premier traitement ARV : 2 INTI + 1 INNTI

  • association 2 INTI + 1 IP/r : TDF/FTC + DRV/r ou ATV/r, ABC/3TC + ATV/r – le LPV/r est abandonné comme 3ème agent en raison du nombre de comprimés/prises par jour et des problèmes de tolérance;

Initiation d'un premier traitement ARV : 2 INTI + 1 IP/r

  • association 2 INTI + 1 INI : TDF/FTC + DTG ou EVG ou RAL, ABC/3TC + DTG.

Initiation d'un premier traitement ARV : 2 INTI + 1 INI

Le rapport précise aussi «si, à l'issue de l'analyse d'une situation individuelle, plusieurs associations recommandées peuvent être retenues chez un patient donné, le coût du traitement doit être considéré dans la prise de décision et les associations les moins chères doivent être envisagées de façon privilégiée». Dans tous les cas, le choix du traitement antirétroviral de 1ère ligne doit être explicité et discuté avec le patient auquel il est prescrit. Un tableau est destiné à éclairer le prescripteur sur le coût annuel des traitements qu'il prescrit.

Coût annuel des différentes associations d'ARV recommandées

 

Un article réalisé pour Edimark à l'occasion des journées de la SFLS 2014, d’après la communication de B. Hoen – Plénière 2.

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