Les infections sexuellement transmissibles ( IST ), en particulier la syphilis et les infections à gonocoque et Chlamydia, sont en augmentation chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (MSM) ; l’utilisation de la prophylaxie pré-exposition ( PrEP ) est venu accentuer cette situation (41% et 57% des participants à deux récents essais de PrEP, PROUD et IPERGAY, ont ainsi présenté une IST). Les conditions étaient donc réunies pour proposer un autre essai de prophylaxie, cette fois-ci contre la syphilis, le gonocoque et Chlamydia, dont les résultats ont été présentés le 15 février par J.-M. Molina.

Il a ainsi été proposé à 116 participants de l’essai Ipergay (ils avaient en moyenne 10 partenaires sur les 2 mois précédant l’inclusion) de prendre après chaque rapport à risque (entre 24 et 72 après) une dose unique de 200mg de l’antibiotique doxycycline. Les investigateurs ont ensuite comparé la fréquence des IST à celle de 116 autres participants d‘Ipergay ne disposant pas de ce traitement post-exposition.

Sur le plan de l’efficacité, l’antibiotique permet de diviser par plus de 3 l’incidence des infections à Chlamydia (28,6 contre 8,7 cas/100 sujets-années) et par presque 4 l’incidence des syphilis (12,9 contre 3,7 cas/100 sujets-années) ; l’infection des infections à gonocoque n’est pas modifiée (34,5 contre 28,7 cas/100 sujets-années).

Sur le plan de la tolérance, la prise de doxycycline était associée à des nausées et de douleurs abdominales chez 24% des sujets (présentes chez 14% des sujets sans antibiotiques).

La conclusion de la présentation relevait l’efficacité indubitable mais incomplète de cette prophylaxie… et ne recommandait donc pas son utilisation en routine, d’autres travaux devant encore préciser son intérêt.