Inhibiteurs d’intégrase et de capside injectables, anticorps bispécifiques, stratégies anticorps/antirétroviral et bithérapies orales de simplification : la session dédiée aux antiviraux à longue durée d’action de la CROI 2026 a aligné des résultats allant de la première injection chez l’humain jusqu’aux essais de phase III. Avec des demi-vies se comptant en semaines et des schémas d’administration qui s’espacent toujours davantage, ces données confirment que la prise en charge du VIH est en train de changer d’échelle temporelle.
L’essai de phase 3 ARTISTRY-1, publié dans The Lancet le 25 février 2026 et présenté simultanément à la CROI 2026 de Denver, démontre la non-infériorité d’un comprimé quotidien unique de bictégravir-lénacapavir (BIC/LEN, Gilead) par rapport aux schémas antirétroviraux complexes pour le maintien de la suppression virologique à 48 semaines. Un second essai en double aveugle, ARTISTRY-2, confirme ces résultats face au B/F/TAF.
Longtemps considérée comme un simple rattrapage pondéral après l’amaigrissement lié au VIH, la prise de poids sous traitement antirétroviral révèle une réalité plus complexe. Si l’impact pondéral des inhibiteurs d’intégrases est désormais bien documenté, des études récentes révèlent que le stade d’initiation du traitement antirétroviral constitue le facteur de risque majeur de prise de poids.
La Journée mondiale de lutte contre le VIH/sida du 1er décembre 2025 survient dans un moment de crise majeure qui met en péril l’objectif mondial d’élimination en 2030, surtout dans sa composante «zéro contamination». Le rapport annuel de l’Onusida s’intitule cette année «Sida, crise et pouvoir de transformation». On ne saurait plus à propos. En 2024, 40,8 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, on recense 1,3 million de nouvelles infections et 9,2 millions de personnes n’ont toujours pas eu accès au traitement en dépit des progrès manifestes portés essentiellement par le PEPFAR et le Fonds Mondial de lutte contre le VIH mais aussi la tuberculose et la malaria.
Face à la recrudescence des virus Oropouche (OROV), de la fièvre de la Vallée du Rift (RVFV) et du Dabie bandavirus (DBV), une équipe américaine vient de démontrer qu’un analogue nucléosidique, la 4′-fluorouridine (4′-FlU), est capable de stopper ces infections, y compris à un stade avancé, chez la souris. Publiés en octobre 2025 dans mBio (American Society for Microbiology), les travaux menés par Brian Gowen et Jonna Westover (Utah State University), confirment le potentiel de cet antiviral à large spectre, déjà testé contre le Sars-CoV-2 ou le virus de Lassa.