Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)
«Je suis pour la dépénalisation du cannabis ce qui mettrait fin à la répression contre les consommateurs et les revendeurs.»
«Je suis pour la dépénalisation du cannabis ce qui mettrait fin à la répression contre les consommateurs et les revendeurs.»
Il y a vingt ans, le 7 octobre 2001, à l’initiative des États-Unis et avec la participation de l’Otan, l’opération Enduring Freedom était déclenchée. Après les attentats du 11 septembre, elle visait à renverser le régime des talibans suspectés d’abriter les activités d’Al-Qaïda, l’organisation considérée comme responsable de l’attaque contre les tours du World Trade Center. Une des dimensions méconnues de cette guerre contre le terrorisme était la lutte contre le trafic de drogues, notamment d’opium et d’héroïne dont l’Afghanistan était un acteur majeur.
L’intervention sanitaire et sociale en faveur des consommateurs de crack repose exclusivement sur le volontarisme des acteurs et militants de la réduction des risques, sans cadre légal ou réglementaire. Un constat sans appel de l’incapacité de l’État de droit à protéger ses ressortissants.
Si la France est un pays jacobin et centralisateur, il en va aussi de sa politique des drogues, organisée et décidée dans les ministères. Malgré la prohibition, les collectivités locales s’engagent de plus en plus pour une politique adaptée localement et qui permette de surmonter, autant qu’il est possible, les conflits fréquents entre les enjeux de santé publique et de sécurité publique.
Bénédicte Desforges s’intéresse à la législation sur les drogues depuis longtemps, un sujet de société à la croisée de la question des libertés individuelles, du droit et des pratiques policières. En tant que flic, elle a vu de près la mise en œuvre des politiques publiques, les modalités de la répression, ses effets pervers et constaté son inutilité. Avec d’autres policiers, elle a créé le collectif Police contre la prohibition et plaide pour une réforme de la loi. Rencontre.