« Housing First » : nouvelles réponses pour les usagers souffrant de troubles psychiques

Les constats sont convergents, qu’ils relèvent de la simple observation ou d’études1 Joubert M, Chauvin P, Facy F, Ringa V. Précarisation, risque et santé. Inserm 2001 : 395-412,2Péquart C, Lacoste M. La réduction des risques : aujourd’hui et demain. ADSP septembre 2007 ; 60 :56-60, sur la prévalence importante des troubles psychiques et problèmes d’addictions chez les personnes sans-abri. Les dispositifs d’Accueil hébergement insertion (AHI) se révèlent saturés ou inadaptés, et ni la psychiatrie publique, ni le dispositif de soin résidentiel en addictologie ne sont en mesure d’accueillir durablement ces publics.

Mijaos, Phase, deux dispositifs pour des crackers actifs

Les usagers de crack ont mauvaise réputation. Dès lors qu’on leur colle cette étiquette, il est encore plus difficile pour eux d’accéder à des dispositifs d’hébergement dont ils devraient pourtant bénéficier. Cette étiquette de « cracker », comme avant elle celle de « toxicomane », recouvre des réalités bien différentes. On y trouve des personnes dont les problématiques personnelles et sociales conjuguent plusieurs facteurs d’exclusion : manque d’appuis, absence de droits, altération de la santé, somatique et mentale, non  traitée, etc. Pour répondre au moins partiellement à ces besoins, l’association Aurore a développé deux actions spécifiques : l’une appuyée sur un dispositif existant, Mijaos3Milieu de jour d’accompagnement et d’orientation santé, l’autre, Phase4Pour un hébergement et un accès aux soins ensemble, développée en partenariat avec le Csapa La Terrasse, leur point commun étant l’hébergement d’usagers de drogues actifs, en particulier ceux fréquentant le nord-est parisien.