Inhibiteurs d’intégrase et de capside injectables, anticorps bispécifiques, stratégies anticorps/antirétroviral et bithérapies orales de simplification : la session dédiée aux antiviraux à longue durée d’action de la CROI 2026 a aligné des résultats allant de la première injection chez l’humain jusqu’aux essais de phase III. Avec des demi-vies se comptant en semaines et des schémas d’administration qui s’espacent toujours davantage, ces données confirment que la prise en charge du VIH est en train de changer d’échelle temporelle.
De la Caroline du Nord à la Thaïlande en passant par l’Inde, trois études présentées en session thématique «Médecine de précision en santé publique» à la CROI 2026 illustrent comment la médecine de précision appliquée à la santé publique peut affiner la réponse à l’épidémie de VIH et comment ces méthodes distinctes éclairent les angles morts persistants de la prévention et du traitement.
La tendance indéniable de cette CROI, spéciale vue le contexte géopolitique, c’est l’accouplement. Il ne s’agit là ni de santé sexuelle, ni d’une version internationalisée du «réarmement démographique» voulu par Emmanuel Macron pour contrer la baisse de la natalité, mais d’accouplement de molécules anti-VIH.
Présentées à la CROI 2026, les données à long terme des cohortes OPERA et TRIO une incidence du VIH très faible sous cabotégravir injectable en PrEP, comparable à celle des essais cliniques. Elles révèlent toutefois qu’environ un tiers des utilisateurs connaissent des retards d’injection et que le dépistage du VIH reste insuffisamment systématique. Des constats à intégrer alors que la disponibilité en France est imminente.
Rendez-vous scientifique international de référence depuis 1993, la CROI réunit chercheurs fondamentaux et cliniciens autour des avancées sur le VIH les infections sexuellement transmissibles (IST), les hépatites virales, le SARS-CoV-2 et le mpox, entre autre. La 33e Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections se tient du 22 au 25 février 2026 à Denver, Colorado, dans un contexte politique tendu pour la recherche et la santé publique : restructurations des agences fédérales, coupes budgétaires, menaces sur le PEPFAR et retrait des États-Unis de l’OMS, entre autres.