À Vienne, en mars derniers, 2000 personnes étaient réunies pour le Segment ministériel et la 62e session de la Commission des stupéfiants de l’ONUDC. Au menu: 90 événements parallèles, 9 résolutions débattues mot par mot, une Déclaration politique adoptée avant l’ouverture des débats. Pour le néophyte, la réunion viennoise de la CND, c’est un mélange détonant de déclarations grandiloquentes et schizophréniques, de protocoles bien huilés et de résultats apparemment vains…
En 2018, pour la première fois depuis des années, la tendance est à la baisse en ce qui concerne le nombre de nouvelles contaminations, grâce au dépistage, au traitement comme prévention (Tasp) et à la diffusion de la PrEP chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Ces chiffres, encourageants, ne doivent cependant pas faire oublier les disparités régionales, mais aussi populationnelles, face au VIH.
La diffusion de la prophylaxie pré-exposition se poursuit en France: au 30 juin 2019, 20 478 personnes avaient ainsi initié une PrEP, soit le double par rapport à l’année dernière à la même date. Au premier semestre 2019, 15 500 personnes étaient actuellement sous PrEP.
Dans un communiqué daté du 13 novembre, le Conseil national du sida sonne l’alarme : la restriction de l’accès aux soins des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière est une menace pour leur santé, mais aussi pour la santé publique.
À qui s’adresse la PrEP? Qui peut la demander ? À qui doit-elle être proposée ? Les timides succès de la prophylaxie pré-exposition face au VIH soulignent que les critères d’accessibilité utilisés par les médecins prescripteurs restent trop restrictifs pour en faire bénéficier toutes les populations exposées. Comment élaborer de nouveaux indicateurs pour des professionnels de santé encore méfiant, alors que la mise en place de la primo-prescription en médecine de ville de la PrEP doit être détaillée prochainement?