Implants, injectables, comprimés mensuels, délivrance en pharmacie : la session « Évolution du paysage de la PrEP » de la CROI 2026 dessine un arsenal préventif en pleine diversification, mais met aussi en lumière les résistances et les défis d’accès qui pourraient en limiter l’impact.
Réduction des addictions, protection cardiovasculaire indépendante de la perte de poids, activité anti-inflammatoire potentiellement utile contre l’inflammation résiduelle du VIH : les agonistes du GLP-1 multiplient les signaux encourageants. Mais comme l’a rappelé Todd T. Brown à la CROI 2026, les données spécifiques aux PVVIH restent rares, les effets sarcopéniants inquiètent dans cette population, et la question d’un traitement à vie, à un coût qui interroge à l’échelle mondiale, est loin d’être tranchée.
Présentées à la CROI 2026, les données à long terme des cohortes OPERA et TRIO une incidence du VIH très faible sous cabotégravir injectable en PrEP, comparable à celle des essais cliniques. Elles révèlent toutefois qu’environ un tiers des utilisateurs connaissent des retards d’injection et que le dépistage du VIH reste insuffisamment systématique. Des constats à intégrer alors que la disponibilité en France est imminente.
Quelle est la place réservée aux femmes à la CROI 2026 ? Une question que Gilles Pialoux a posée entre deux croissants à certaines consœurs, et le sentiment global est la sous-représentativité. Seule Constance Delaugerre a tapé en touche: «Pour les virologues, c’est compliqué de répondre car le virus est non genré». Imparable.
Rendez-vous scientifique international de référence depuis 1993, la CROI réunit chercheurs fondamentaux et cliniciens autour des avancées sur le VIH les infections sexuellement transmissibles (IST), les hépatites virales, le SARS-CoV-2 et le mpox, entre autre. La 33e Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections se tient du 22 au 25 février 2026 à Denver, Colorado, dans un contexte politique tendu pour la recherche et la santé publique : restructurations des agences fédérales, coupes budgétaires, menaces sur le PEPFAR et retrait des États-Unis de l’OMS, entre autres.