La CROI se termine toujours sur un bilan. Pour certains, ce ne sont simplement que quatre jours de perdus pour comprendre les règles sociales US (tips, regards, ascenseur, séduction, fine…), pour quelques uns ce n’est que regrets de tous les abstracts qu’on aurait pu soumettre, pour d’autres enfin c’est la conscience qu’il n’y a vraiment plus rien à acheter chez Banana Republic ou chez Abercrombie & Fitch, qui nous sauva du ridicule en rentrant.
Une session de la CROI s’est intéressée aujourd’hui au serosorting – faire intervenir dans le choix d’un partenaire sexuel à la fois le statut sérologique de ce dernier, et le sien propre. Malheureusement, sans aborder vraiment les motivations des partenaires ou l’efficacité possible de ces pratiques.
Cela était inscrit : cette CROI 2015 serait dévolue à la prévention VIH, ou ne serait pas.
Les résultats de l’étude ANRS réalisée auprès d’hommes gays montre qu’en intention de traiter, le pourcentage de réduction du risque relatif est de 86%, soit le plus élevé jamais observé dans un essais de prophylaxie pré-exposition (Prep). Tout semble indiquer que cette prévention, lorsqu’elle est prescrite et bien prise dans les conditions d’un essai de ce type, avec l’accompagnement important que l’on sait, donne des niveaux de protection chez les personnes observantes proche de 100%.
Retour sur l’essai ANRS Ipergay (Intervention Préventive de l’Exposition aux Risques avec et pour les Gays), dont le but était de démontrer que la prophylaxie pré-exposition (Prep), dans un cadre de prévention combinée, peut permettre de réduire le risque d’infection par le VIH. Cet essai se distinguait par une offre «à la demande», uniquement au moment de l’exposition aux risques. Les derniers résultats montrent une réduction du risque de 86%.