«Au Labo Sans Ordo», le dépistage sans ordonnance dans les laboratoires, élargi à toute la France

L’expérimentation locale de dépistage gratuit du VIH sans ordonnance dans les laboratoires de biologie médicale sera étendue à la France entière, dans le cadre du Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2022.

A l’occasion du 22e congrès de la Société française de lutte contre le sida (SFLS), le ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran a annoncé, en vidéo, la généralisation d’au «Au Labo Sans Ordo» à la France entière. Depuis le lundi 1er juillet 2019, il est possible de faire un test de dépistage du VIH sans ordonnance, pris en charge à 100% sans avance de frais, sur simple demande et sans rendez-vous, dans tous les laboratoires d’analyses médicales de Paris et des Alpes-Maritimes, grâce à l’action de «Vers Paris sans sida» et du COREVIH PACA Est du CHU de Nice. L’expérimentation devait initialement prendre fin 2021 dans les 158 laboratoires à Paris et 106 dans les Alpes-Maritimes participants.

Présenté fin 2018, ce nouveau dispositif appelé officiellement VIHTEST en partenariat avec l’Assurance maladie et les Agences régionales de Santé (ARS), avait pour but de simplifier le réflexe du dépistage du VIH dans la population, et en particulier chez les populations exposées. Les évaluations à 6 mois avaient déjà montré que cette nouvelle offre avait contribué à une augmentation nette du dépistage du VIH en laboratoire dans les deux départements: de l’ordre de 20 000 tests à Paris (+16,8%) et 2 000 dans les Alpes-Maritimes (+3,7%). Présentés lors du congrès, les résultats définitifs du dispositif confirment son intérêt: 44 738 tests ont été effectués entre juillet 2019 et décembre 2020. C’est une augmentation au second semestre 2019 de 6,5% à 16,4%, selon le lieu et le profil des personnes, par rapport au second semestre 2018. Mieux encore, le taux de positivité global de ces dépistages est plus important que les autres modes, toute en attirant une population différente de celle ayant recours aux tests prescrits par un médecin: plus d’hommes hétérosexuels, de personnes exposées au VIH ou des populations éloignées du système de soins.

Le docteur Pascal Pugliese, président du COREVIH PACA Est et président de la Société Française de Lutte contre le Sida (SFLS) se dit «fier de ce travail local qui inspire aujourd’hui la France entière». «Cette généralisation constitue une révolution dans le dépistage. C’est une grande nouvelle dans le combat que nous menons contre le VIH en France. En effet, 6000 personnes découvrent chaque année leur séropositivité en France, souvent trop tardivement. Multiplier les lieux – il existe près de 4000 laboratoires en France aujourd’hui – et les possibilités de dépistage sans ordonnance, comme le permet VIHTEST, est un nouvel outil qui va nous permettre de prendre en charge plus rapidement les personnes touchées, de leur proposer plus rapidement un traitement et de contribuer à casser la chaîne de transmission du virus.»

Cette décision intervient alors que la situation épidémiologique après 18 mois de pandémie Covid-19 montre une diminution importante du dépistage et des initiations de Prophylaxie Pré-Exposition (PrEP): Les sérologies VIH ont baissé de 16% en 2020, la vente des autotests est en baisse de 22 % et les activités des structures ou actions hors les murs ont dû s’arrêter.