«Vers une Seine Saint Denis sans sida»: Au plus près des populations clés

La réunion de lancement de l’initiative visant à mobiliser tous les acteurs locaux autour des objectif de l’Onusida, dans l’esprit de celle menée en 2015 à Paris, a eu lieu le lundi 4 juillet, à Bobigny. Les conclusions sont attendues en novembre.

Renforcer la riposte au VIHVIH Virus de l’immunodéficience humaine. En anglais : HIV (Human Immunodeficiency Virus). Isolé en 1983 à l’institut pasteur de paris; découverte récemment (2008) récompensée par le prix Nobel de médecine décerné à Luc montagnier et à Françoise Barré-Sinoussi.
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au niveau local permet de tenir compte des spécificités de l’épidémie. En Seine Saint Denis, les populations les plus touchées sont les femmes et les hommes migrants, suivis par les hommes ayant des rapports avec d’autres hommes. D’après l’étude PARCOURS, on estime que 30 % des femmes et 44 % des hommes nés en Afrique sub-saharienne et suivis pour un VIH en France ont été infectés après leur arrivée.

Cette première réunion a été l’occasion de réunir autour de France Lert et de Pierre Laporte, vice-président en charge de la santé du conseil départemental, les représentants du monde associatif local, les associations de lutte contre le sidaSida Syndrome d’immunodéficience acquise. En anglais, AIDS, acquired immuno-deficiency syndrome.
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et plusieurs institutions de santé.

Comme à Paris, le département compte beaucoup d’associations sur le terrain sur lesquelles il peut s’appuyer, mais un nombre moins important de médecins libérauxet d’hôpitaux, et avec moins de moyens, par rapport à la capitale.

Le but de cette mission est de proposer, de façon collective en associant les acteurs du territoire, des stratégies opérationnelles pour atteindre cet objectif d’ici 2030 dans le département, conformément aux objectifs de l’Onusida «3 fois 90». L’institution internationale estime en effet que pour la première fois depuis la découverte du VIH, la fin de l’épidémie est envisageable.

Un profil épidémiologique particulier

Taux standardisés* de bénéficiaires de l’Affection de longue durée pour VIH (ALD 7) en 2012 pour 100 000 personnes par canton ou ville en Île-de-France (assurés du régime général)

«Pendant nos travaux à Paris l’année dernière, rappelle France Lert, tout le monde trouvait bizarre de réduire notre action à l’intérieur du périphérique, mais notre mandat était seulement municipal.» Cette démarche est donc l’occasion de continuer le travail sur la population francilienne, dont on connaît la mobilité pour travailler, se soigner ou se distraire.

«C’est un département très important dans la lutte contre le VIH. Il connaît une prévalencePrévalence Nombre de personnes atteintes par une infection ou autre maladie donnée dans une population déterminée.
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3 fois plus élevée que la moyenne nationale, avec un profil épidémiologique particulier. Nous connaissons ces dernières années des progrès importants, de ceux qui laissent penser aux meilleurs experts que la fin du sida tel que nous le connaissons est envisageable en 2030.»

Cette «injonction à agir», comme l’appelle France Lert, a été d’abord relevée par l’ANRS, puis par la ville de Paris, qui connaît une épidémie 5 fois plus importante que dans le reste de la France. C’est ainsi que l’Agence a mobilisé la tout jeune retraitée de l’InsermInserm Institut national de la recherche médicale.
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, pour lui proposer de coordonner les projets en recherche interventionnelle.

Ensuite, «le contact s’est fait au niveau des élus», entre la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le président du conseil départemental Stéphane Troussel, jusqu’à l’inauguration du CeGIDD départemental Seine-Saint-Denis le 9 juin dernier, annonce officielle de l’initiative.

Les moyens d’actions

Pour France Lert, l’action du groupe de travail doit se focaliser sur plusieurs axes importants. Le dépistage, d’abord qui permet l’accès aux soins et à une meilleure santé, mais aussi qui permet d’éviter la transmission du VIH grâce au TaspTasp «Treatement as Prevention», le traitement comme prévention. La base du Tasp a été établie en 2000 avec la publication de l’étude Quinn dans le New England Journal of Medicine, portant sur une cohorte de couples hétérosexuels sérodifférents en Ouganda, qui conclut que «la charge virale est le prédicteur majeur du risque de transmission hétérosexuel du VIH1 et que la transmission est rare chez les personnes chez lesquelles le niveau de charge virale est inférieur à 1 500 copies/mL». Cette observation a été, avec d’autres, traduite en conseil préventif par la Commission suisse du sida, le fameux «Swiss statement». En France en 2010, 86 % des personnes prises en charge ont une CV indétectable, et 94 % une CV de moins de 500 copies. Ce ne sont pas tant les personnes séropositives dépistées et traitées qui transmettent le VIH mais eux et celles qui ignorent leur statut ( entre 30 000 et 50 000 en France).
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. «On doit s’adresser aux deux populations les plus exposées» : «l’épidémie est en partie cachée : les chercheuses Virginie Supervie et Dominique Costagliola estiment par modélisation qu’il y aura entre 500 femmes et 600 hommes infectées non diagnostiqués parmi les migrants et une incidence de 200 par genre dans cette population qui seraient contaminés chaque année.»

Résultat, le délai entre l’infection et le contrôle de la charge viraleCharge virale La charge virale plasmatique est le nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang ou autre contenant (salive, LCR, sperme..). Pour le VIH, la charge virale est utilisée comme marqueur afin de suivre la progression de la maladie et mesurer l’efficacité des traitements. Le niveau de charge virale, mais plus encore le taux de CD4, participent à la décision de traitement par les antirétroviraux.
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(et donc les bénéfices du traitement comme prévention) est de 5 à 6 ans. C’est cet durée qui faut réduire absolument pour diminuer le nombre de contaminations.

Côté prévention, la PrepPrep Prophylaxie Pré-Exposition. La PrEP est une stratégie qui permet à une personne séronégative exposée au VIH d'éliminer le risque d'infection, en prenant, de manière continue ou «à la demande», un traitement anti-rétroviral à base de Truvada®. 
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est désormais disponible et prise en charge par la sécurité sociale. Elle est moins connue par les populations hétérosexuelles, et en particulier les femmes qui pourraient en avoir besoin, alors qu’elle peut pourtant être très utile pour d’autres communautés que les HSHHSH Homme ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes. 
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, parmi lesquels les essais cliniques ont montré la très forte efficacité.

Les participants à cette première réunion ont insisté sur la nécessité d’actions spécifiques en direction de, et avec, les femmes, mais aussi en direction de la population jeune, en particulier des jeunes HSH —en France, depuis 2003, le nombre de découvertes de séropositivité VIH a plus que doublé chez les jeunes HSH (15 à 24 ans).

La formation des professionnels de santé, médecins scolaires, infirmières, le renforcement de l’offre de dépistage mobile en complément des formes claqssiques pour atteindre les plus exposés et les plus éloignés du dépistage mais aussi la lutte contre la précarité —«Rien ne pourra avancer non plus sans que soit facilité l’accès aux droits», a insisté France Lert— ont également été abordés. Rendez-vous à la rentrée pour la suite des réunions de travail.