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Nos premières fois

«Nous avons tous commencé à militer à partir d’émotions, de deuils, de colères, de rages, de dégoûts, face aux stigmates, à la violence de l’institution médicale quand elle ne nous ignorait pas complétement.» Daniel Defert, Congrès de Aides, Nantes, 2017.

Nicole Maestracci : au risque du savoir

Pour les militants de la politique de réduction des risques (RdR) Nicole Maestracci, membre du Conseil constitutionnel décédée le 7 avril dernier, restera à jamais l’autrice du «Savoir plus, risquer moins», une campagne qui vulgarise un slogan révolutionnaire: «il n’y a pas de société sans drogues». Pourtant, cette magistrate attachée au rôle symbolique de la loi, fut aussi à l’origine de l’émergence d’un pouvoir médical hégémonique popularisé sous le nom d’addictologie. Au-delà de la profonde humanité qui caractérise son souvenir, sa disparition nous amène à réfléchir sur la remarquable imperméabilité française à toute modification du cadre répressif en matière de drogues.

«L’important en politique, c’est la continuité de l’action républicaine.»

Nicole Maestracci était une femme intègre, généreuse, charismatique, ouverte sur son temps. Militante dès sa jeunesse dans des mouvements d’extrême gauche, elle restera une femme de gauche. Présidente de la MILDT de 1998 à 2002, elle martèle deux idées fortes devenues des slogans: «il n’y a pas de société sans drogue» et «la politique doit s’inspirer de la science», qui trouveront leur prolongement dans le petit ouvrage « Savoir plus, risquer moins » lancé à grand renfort de communication et vendu dans les kiosques. Le tabac et l’alcool entrant désormais dans le champ de la MILDT, elle s’inspirera du rapport du Pr Roques missionné par Bernard Kouchner pour comparer la dangerosité des drogues, dont le palmarès place les deux produits «licites» en tête de gondole. Choc frontal avec les représentations des citoyens et des élus.

La méthamphétamine en Polynésie française

En Polynésie française, une forte préoccupation est apparue ces dernières années à propos de la consommation de méthamphétamine, importée des États-Unis sous forme de cristaux, et nommée «ice». À partir d’une enquête de terrain menée entre 2019 et 2021, Alice Simon et Alice Valiergue expliquent comment cette drogue s’est imposée sur le marché polynésien malgré son prix très élevé, et comment ce problème social s’est —tardivement— transformé en problème public.