Commençons par le plus évident: après une diminution jusqu’en 2000, la syphilis est en augmentation depuis 15 ans, essentiellement chez les hommes (90% des cas en 2015), chez qui son incidence a plus que quintuplé; sont essentiellement concernés les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) (82% des cas masculins en 2015).
L’analyse des données dans plusieurs grandes villes des USA précise encore les choses: si l’incidence des IST (dont la syphilis) est en diminution chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), elle est en augmentation chez les HSH séronégatifs. Un facteur explicatif serait l’augmentation du nombre de partenaires chez ces derniers: dans une étude en centre de prise en charge des STI, la proportion de sujets déclarant plus de 20 partenaires était passée de 5 à 15% sur les 20 dernières années; le recours au préservatif est par ailleurs en diminution chez ces HSH. Selon l’orateur, la PrEP n’est donc qu’un des multiples facteurs à cette augmentation des cas de syphilis, et pas le plus important, ni le plus durable. Il rappelait aussi certaines conséquences graves de la syphilis: l’atteinte oculaire dans certains cas ; et la syphilis de la femme enceinte —au Texas, 12% des HSH ont aussi des partenaires féminines…
En résumé: la population principalement concernée par l’augmentation de syphilis, ce sont les HSH séronégatifs. La solution, pour cette infection qui reste facile à traiter: diagnostiquer! Avoir recours à la sérologie syphilis —selon l’orateur, comme un test de routine, systématique.
On rappelle une situation très proche en France concernant les HSH et la syphilis. Ici aussi, un test à faire en routine.