Les autorités sanitaires américaines ont annoncé lundi l’arrêt de l’essai clinique de Phase IIb/III d’un schéma vaccinal préventif contre le VIH en Afrique du Sud, car il n’a pas démontré qu’il permettait de limiter les contaminations.
On en sait un peu plus sur les résultats de l’étude HPTN 083, qui montre qu’en PrEP, des injections bimestrielles de cabotegravir seraient plus efficaces que les prises quotidiennes orales à base de ténofovir et d’emtricitabine (FTC/TDF ou Truvada®).
Après les patients de Berlin et de Londres, le patient de São Paulo ? Un homme vivant avec le VIH depuis 2012 semble montrer des signes de guérison fonctionnelle après 15 mois de pause thérapeutique dans son traitement antirétroviral. Même s’il est trop tôt pour le dire, ce cas attire l’attention des spécialistes car c’est la première fois que la rémission est envisagée, à défaut d’être confirmée, sans s’accompagner d’une greffe de cellules souches.
La médecine et le soin ont été les stars incontestées de la crise sanitaire : les médecins de tous genres ont occupé un temps d’antenne impressionnant, sensibilisant les Français aux notions de coronavirus, de tests PCR ou sanguins, d’orage cytokinique, de RO, d’essai en double aveugle contre placebo, etc. Les Français ont cru devenir des experts ès maladies infectieuses, avant de plonger dans une grande perplexité quand ils ont découvert qu’un fait donné comme sûr ou probable un jour, devenait caduque quelques jours après. À titre d’exemple : les enfants auraient été plus contaminants que les autres, l’hydroxychloroquine serait efficace en traitement préventif, la nicotine serait un facteur protecteur, etc.
Ironie d’une science piégée par la vitesse du siècle ? Méconnaissance par les profanes de la réalité de la recherche scientifique ? Comme l’écrivent Michel Callon, professeur de sociologie et Pierre Lascoumes, directeur de recherche émérite au CNRS, «en sciences, il convient toujours de commencer par douter, pour ensuite confronter et discuter impitoyablement les hypothèses et les résultats obtenus, afin d’avoir quelque chance de parvenir à un consensus.»
Annonces prématurées, communication effrénée plutôt que publication scientifique, retour sur deux essais, Discovery et Corimuno-19, aux résultats attendus mais décevants.