De nouvelles recommandations de l’HAS pour accompagner la PrEP en ville

Après de nombreux reports, la Haute autorité de santé recommande enfin que la prophylaxie pré-exposition (PrEP) puisse être proposée à toute personne sexuellement active et initiée par tous les médecins. 

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande désormais que la prophylaxie pré-exposition (PrEP) puisse être initiée et renouvelée par tous les médecins, et non plus seulement par un médecin hospitalier travaillant dans un service d’infectiologie. Elle publie également des réponses rapides afin d’accompagner les médecins de ville dans cette démarche. Le document prévoit une simplification de l’initiation et du suivi de la PrEP. Ainsi, cette dernière pourra désormais être prescrite dès la première consultation si les résultats biologiques sont disponibles et les schémas d’administration sont clarifiés, tout comme le suivi biologique. Enfin, la HAS rappelle que «les indications de la PrEP ne doivent pas être utilisées comme des critères de sélection mais servent à guider la discussion avec le patient et à l’aider à prendre une décision partagée quant à l’utilisation de la PrEP»

Cette évolution de la HAS semble indiquer que la primo-prescription de la PrEP en ville, attendue depuis le début de l’année, pourrait enfin être mise en place. Cette mesure, le ministre de la Santé Olivier Véran l’avait annoncée à l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre le sida 2020, mais le Conseil d’État avait rendu un avis négatif sur la formulation juridique du décret d’autorisation, au désespoir des médecins et des associations de lutte contre le sida. La prescription de la PrEP chez tous les médecins était attendue depuis plusieurs années maintenant, et avait déjà été retardée à cause de la crise du Covid-19. Une crise qui plus est responsable d’une chute des nouvelles initiations de PrEP de plus de 50%.

La PrEP, le «principal levier» face au VIH

«La prophylaxie pré-exposition au VIH est probablement le principal levier en 2021 pour augmenter la prévention vis-à-vis du VIH, et l’existence de la PrEP comme outil de protection contre le VIH devrait être portée à la connaissance de toute personne sexuellement active, au même titre que le préservatif» précise le Dr Pascal Pugliese, président de la SFLS. 

Fin 2020, la SFLS et la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) a donc réuni des experts, des médecins généralistes ou spécialistes, et des représentants d’usagers pour travailler sur des propositions portant sur les indications, la prise en charge initiale et le suivi de la PrEP. La HAS s’est appuyée sur ces travaux pour élaborer ces réponses rapides. 

À l’occasion de ce changement et pour répondre au besoin de formation des médecins généralistes, la SFLS et ses partenaires ont mis au point une plateforme gratuite ouverte à distance : formaprep.org, «permettant de former et d’accompagner les médecins dans la primo-prescription de la PrEP», explique le Dr Cédric Arvieux, président de Formavih, organisme de formation médicale continue porteur de cette formation. «Elle aborde tous les aspects pratiques de prescription et de surveillance de la PrEP, la qualité de vie sexuelle, le dépistage répété et le traitement des IST et permet l’identification de réseaux de soins territoriaux en santé sexuelle.» Formaprep a été mise à jour à l’occasion de la publication de ces recommandations. 

Reste désormais à attendre l’avis technique de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour que la PrEP s’affranchisse de l’hôpital. L’enjeu est de taille : il faut ouvrir la PrEP à de nouvelles populations, autres que les seuls hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, pour rattraper le retard pris en terme d’initiation à cause de la crise sanitaire mondiale.