Il avait déjà été mis en évidence de telles «chaînes de contamination» (clusters) ; en particulier, la période de la primo-infection , qui combine une charge virale (et donc une contagiosité) élevée et une méconnaissance de son statut, avait été identifiée comme à risque, de véritables «cascades» de primo-infections successives pouvant se produire.

Bluma Brenner a présenté cette année à la CROI des données actualisées sur la population des HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes) séropositifs de Montréal, et sur les clusters de contamination qu’on peut y détecter. Si certains sujets ne sont pas contaminés par des souches déjà connues, une partie importante d’entre eux s’inscrit au contraire dans un tel cluster, dont certains comptent même jusqu’à plusieurs dizaines de personnes —jusqu’à 116, sur une période de contaminations successives des différents sujets s’étirant sur plusieurs années. Il n’est bien sûr pas mis en évidence de sujets qui seraient plus contaminants que d’autres ; par contre, certaines souches sont manifestement mieux transmises que d’autres; plus inquiétant, elles peuvent être porteurs de résistances, en particuliers aux inhibiteurs non nucléosidiques de la réverse transcriptase (c’est le cas de la souche impliquée dans 116 contaminations). Et si la primo-infection (les 6 premiers mois) apparaît toujours comme une période à risque, les 2 années suivant la contamination sont aussi des périodes de contagiosité soutenue; la part des infections transmises par des sujets infectés depuis plus de 2 ans apparaît moins importante.

Ce travail illustre l’intérêt d’une politique de dépistage ciblé et surtout répété régulièrement, afin de stopper (en particulier grâce au treatment as prevention, le fameux Tasp ) ces chaînes de transmission, en particulier lorsqu’elles impliquent des souches résistantes.

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