Antirétroviraux en Afrique : l’épreuve du temps
L’Institut de Médecine et d’Epidémiologie Appliquée (IMEA) – Fondation Internationale Léon MBA organise ses 5e Rencontres Nord Sud qui se tiendront le lundi 29 novembre 2010 à Paris.
L’Institut de Médecine et d’Epidémiologie Appliquée (IMEA) – Fondation Internationale Léon MBA organise ses 5e Rencontres Nord Sud qui se tiendront le lundi 29 novembre 2010 à Paris.
Les populations originaires d’Afrique subsaharienne vivant en France constituent l’un des «groupes à risque» construit par l’épidémiologie du VIH/sida. La catégorie épidémiologique du «groupe à risque», si elle permet d’identifier des populations cibles et ainsi d’orienter les campagnes de prévention, suppose implicitement l’existence et l’homogénéité de ce groupe social. En outre, s’agissant de personnes migrantes, le rejet d’un culturalisme —qui a notamment contribué à distinguer un «modèle africain de sexualité»— au profit de problématiques plus larges intégrant les conditions de vie, n’ont pas facilité la nécessaire prise en compte de la sexualité.
La seconde Journée scientifique 2010 du réseau des jeunes chercheurs en sciences sociales et VIH/sida avait pour thème «Recherches contemporaines sur la sexualité au temps du VIH/sida». Pierre Bonny (Rennes 2), Gabriel Girard (Cermes3 – EHESS) et Elise Marsicano (Paris XI, Inserm) étaient chargés de la coordination.
Dans ce texte, je voudrais reprendre les débats et controverses qui ont cours actuellement en France sur les «nouveaux paradigmes de la prévention». Je voudrais aussi montrer que toutes les méthodes de prévention ont des efficacités comparables et développer l’idée selon laquelle, il n’est pas possible de dissocier les approches comportementales des approches bio-médicales, car celles-ci constituent par définition des tentatives de modification des comportements sanitaires qui doivent bénéficier d’un accompagnement et d’un suivi psycho-social pour augmenter leur efficacité pratique.
«Prévention comportementale du VIH: est-ce que ça fonctionne, est-ce qu’on en a besoin et est-ce qu’on en veut?» Le titre de la conférence donnée par le professeur John de Wit1Directeur du National Centre in HIV Social Research et professeur à l’Université de New South Wales (Sydney, Australie) au Kremlin-Bicêtre le 24 septembre 2010 peut sembler provocateur, mais soulève d’importantes questions alors que l’on s’interroge sur «l’échec de la prévention», en particulier dans les populations les plus touchées et alors que la prévention biomédicale, avec le Treatment as Prevention (TasP), suscite tant d’enthousiasme.