Quatuor : Prendre moins, contrôler autant

Pour alléger une multithérapie antirétrovirale contre le VIH, on peut par exemple proposer aux patients de prendre moins de molécules ou on peut, c’est le cas dans l’étude Quatuor, aménager des jours sans prise.

Les résultats de l’étude, présentés par Roland Landman (Université de Paris, INSERM, IMEA, Hôpital Bichat-Claude Bernard, AP-HP, Paris, France) à l’occasion de la CROI 2021, confirment l’intérêt de la prise discontinue quatre jours sur sept. 

ANRS 170 Quatuor est un essai de phase III ouvert, multicentrique, prospectif et randomisé, mis à en place à la suite de l’étude 4D. Le but était de comparer un traitement intermittent par multithérapie 4 jours sur 7 par rapport à un traitement continu pris tous les jours. Les participants avaient tous une charge virale contrôlée depuis plus d’un an, grâce à un traitement comprenant un inhibiteur d’intégrase (InSTI), un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI), ou un inhibiteur de protéase (IP). 

Étude Quatuor, CROI 2021

À la quarante-huitième semaine (S48) de l’essai, la prise 4 jours sur 7 s’était montrée aussi efficace, chez 318 patients du bras en allégement, que la prise en continu. Il n’y avait pas de différence en termes d’évolution de l’ADN total du VIH, de virémie résiduelle plasmatique et d’ARN viral dans le sperme. L’ensemble des participants de l’essai avait ensuite suivi le protocole de thérapie allégé jusqu’à la semaine 96. Les 621 patients restants étaient traités par anti-intégrase pour 48,3%, par inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse pour 46,1% et par  inhibiteur de protéase pour 5,6%. 

Résultats de l’étude Quatuor, CROI 2021

Selon les dernières données, à S96, le succès thérapeutique était de 92,7% [IC à 95% IC 90,2-95,2] chez les personnes en 4 jours sur 7, contre 96,1% chez celles en continu. Le taux d’échec virologique —deux charges virales consécutives inférieures à 50 copies/mL— était de 4,2 % [2,2-6,2] globalement, de 5,3% [1,9-8,6] sous INNTI et de 2,4% [0,6-4,1] sous InSTI. Parmi les 318 patients en discontinu depuis le début de l’étude, on retrouve 6 échecs virologiques avant la 48e semaine et 13 échecs virologiques après.

Aucun effet indésirable n’a été observé et les marqueurs pro-inflammatoires ne montrent aucune variation biologique délétère. Avec ces résultats, Quatuor valide encore un plus, pour les auteurs, la stratégie discontinue de 4 jours sur 7 en tant qu’alternative efficace à la prise quotidienne.

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