Confinement : les homosexuels les plus exposés ont le plus repoussé leur dépistage VIH/IST

On l’a vu, le confinement a fortement perturbé le dépistage et la prévention du VIH. L’édition spéciale Covid 19 de l’enquête Rapport au sexe (ERAS) nous donne des précisions sur les changements comportementaux des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH), l’une des populations les plus exposées face au VIH.

Bannière internet de l’enquête ERAS 2020. DR.

Le but de cette étude était de savoir comment mesures de confinement, mises en place en France du 17 mars au mai 2020 pour limiter la propagation du SARS-CoV2, avaient perturbé les offres de soins VIH et IST spécifiques aux HSH de manière disproportionnée (si on prend en compte leur exposition face au VIH). 

Ce volet de l’étude Rapport au sexe, transversale, anonyme, auto-administrée en ligne et basée sur le volontariat, a été réalisée du 30 juin au 15 juillet 2020. Près de 9500 hommes ont complété et validé le questionnaire, et l’analyse des données s’est portée sur 8012 HSH résidant en France, ayant déclaré au moins un rapport sexuel avec un homme au cours de leur vie.

Résultats

L’âge médian des répondants était de 31 ans, et 30% résidaient en Île-de-France. Moins de la moitié (43%) étaient célibataires, et près de 60% déclaraient fréquenter les «lieux de convivialité gays» (bar, sex clubs). La grande majorité était née en France (7% seulement nés dans un pays étranger) et se définissaient comme homosexuels (80%).

En ce qui concerne le VIH, 6% se déclaraient séropositifs et 12% des répondants séronégatifs déclairaient être utilisateur de PrEP avant le confinement. De manière plus inquiétante, 14% ont déclaré n’avoir jamais réalisé de test VIH au cours de leur vie. 

Plus d’un quart, 28%, des répondants ont déclaré avoir reporté un dépistage du VIH et des infections sexuellement transmissibles à cause du confinement, préférant attendre pour le réaliser. Et 40% de ces personnes ont déclaré être multipartenaires (plus de 25 partenaires en 6 mois), et seuls un tiers (34%) ont déclaré prendre la PrEP. 

28% des répondants déclaraient avoir reporté un dépistage du VIH/IST. Source: Annie Velter, SFLS 2020.

Il ressort donc de cette enquête que ce sont les HSH les plus exposés au VIH,  multipartenaires et non usagers de la PrEP, qui ont le plus souvent reporté leur recours au dépistage. Ce sous-groupe semble être celui qui a pâti le plus de l’activité des centres de dépistage et de la difficulté d’accès à la médecine de ville pendant le confinement. Les usagers de Prep semblent, eux, avoir bénéficié d’une attention particulière grâce aux initiatives proposées par les services hospitaliers qui les suivent, comme la téléconsultation. 

Annie Velter, de Santé publique France, qui présentait ses données à l’occasion du e-congrès 2020 de la SFLS, insiste sur l’importance de rendre de nouveau le dépistage largement accessible pour cette population —et les autres groupes particulièrement exposés— afin de ne pas retarder d’éventuelles découvertes de séropositivité. La primo-prescription de la PrEP en ville, qui devraient être autorisée en fin d’année, accompagnée d’une plateforme de prévention élaborée par la SFLS, et la généralisation du dispositif “Au labo sans ordo” sont encore une fois des pistes sérieuses pour augmenter le recours au dépistage. 

ut mattis id quis luctus consectetur massa venenatis risus. neque. ipsum Praesent