RDR — L’Organisation mondiale de la Santé appelle à la décriminalisation de l’usage de drogues

L’instance internationale demande une nouvelle orientation des politiques des drogues, incluant la RDR et l’interdiction du traitement obligatoire. Un changement soutenu par la Commission mondiale pour la politique des drogues. 

Dans un rapport publié plus tôt cet été, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé un appel clair pour de vastes réformes de la politique des drogues. La première agence de santé de l’Organisation des Nations Unies souhaite que l’accent soit mis sur ​​des meilleures pratiques pour prévenir, diagnostiquer et traiter le VIH parmi les populations clés. 

Parmi les recommandations concernant la décriminalisation», le rapport encouragent les pays à travailler à l’élaboration des politiques et des lois qui

  • décriminalisent l’injection et l’utilisation des drogues et, par conséquent, de réduire l’incarcération. 
  • décriminalisent l’utilisation d’aiguilles et de seringues propres, en permettant le développement de programmes de réduction des risques comme l’échange de seringues et l’accès aux traitements opiacés substitutifs (TSO) pour les personnes qui sont une dépendance aux opioïdes.
  • interdisent le traitement obligatoire pour les personnes qui utilisent et / ou de drogues injectables. 

Prendre le contrôle

Parallèlement, La Commission mondiale pour la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy), composée de dirigeants et d’ex-dirigeants mondiaux, et de personnalités de la société civile, publie le 9 septembre un 4ème rapport, Prendre le contrôle, insistant sur la nécessité de mettre davantage l’accent sur les approches de santé publique et d’envisager une régulation du marché des drogues.

Dans ce rapport, la commission fait sept recommandations principales :

  • Assurer avant tout la santé et la sécurité des collectivités requiert une réorientation fondamentale des priorités et des ressources en matière de politiques, qui permettrait d’abandonner les mesures punitives inefficaces au profit d’interventions sanitaires et sociales éprouvées.
  • Cesser de criminaliser l’usage et la possession de drogues – et cesser de « traiter » de force des personnes dont la seule infraction est l’usage ou la possession de drogues.
  • Viser en priorité une réduction du pouvoir des organisations criminelles et de la violence et l’insécurité engendrées par la concurrence entre elles ainsi qu’avec l’État.
  • Profiter de l’occasion offerte par la SEAGNU de 2016, qui approche à grands pas, pour réformer le régime mondial des politiques en matière de drogues.
  • Assurer un accès équitable aux médicaments essentiels, en particulier les analgésiques à base d’opiacés.
  • Appliquer d’autres options que l’incarcération pour les acteurs non violents du bas de l’échelle du trafic de drogue, tels les fermiers et les passeurs, entre autres personnes engagées dans la production, le transport et la vente de substances illégales.
  • Permettre et appuyer les essais dans des marchés légalement réglementés de drogues actuellement interdites, en commençant, sans s’y limiter, par le cannabis, la feuille de coca et certaines nouvelles substances psychoactives.

Les associations investies dans le champ de la RDR des pays francophones européens1L’AFR et la FA pour la France, le GREA pour la Suisse et la Fedito Bxl pour la Belgique ont publié un communiqué rappelant qu’elles «soutiennent les recommandations de ce rapport et saluent sa parution en langue française». Elles demandent «au monde politique et à la société civile de se saisir de ses conclusions pour initier un débat sur les alternatives possibles de la « guerre à la drogue », dont l’échec est maintenant évident sur l’ensemble de la planète».

En 2016, l’Assemblée générale des Nations Unies tiendra une session spéciale sur les drogues (UNGASS) – une initiative proposée en 2012 par l’alors président du Mexique, Felipe Calderon – afin de procéder à un examen complet des succès et des échecs des politiques internationales de contrôle des drogues. La Commission souhaite que cette échéance puisse être l’opportunité d’un changement de cap, «le régime mondial de contrôle des drogues doit être modifié pour autoriser la réglementation légale responsable». 

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