Enquête — Vieillir avec le VIH: les difficultés s’accumulent avec le temps

Durant deux mois (du 7 septembre au 2 novembre 2009), via internet ou sa ligne d’écoute téléphonique, Sida Info Service a mené une enquête auprès de personnes séropositives de plus de quarante ans. L’objectif de cette étude était d’effectuer un état des lieux des conditions de vie de ces personnes et d’appréhender leur profil médical, financier, social et affectif.

335 personnes ont participé à cette enquête, âgées en moyenne de 47 ans et demi. 30 % d’entre elles sont des femmes et près d’un tiers habitent en Ile-de-France.

En moyenne, les participants connaissent leur séropositivité depuis quatorze ans, avec des écarts importants : 1983 pour trois participants, 2009 pour huit d’entre eux. Neuf personnes sur dix sont sous traitement antirétroviral (ARV), depuis plus de dix ans en moyenne.

Les co-infections par les hépatites, VHC (10,7 %) et VHB (8,5 %), sont d’autant plus fréquentes que le diagnostic est ancien.

Le poids des comorbidités

La moitié des participants (51,6 %) cite au moins une comorbidité. Près d’un sur dix (9,6 %) cumule la co-infection par une hépatite et une pathologie associée. L’existence des comorbidités est liée à l’ancienneté de la séropositivité au VIH.

Les troubles les plus fréquemment cités sont ceux du métabolisme lipidique (hypercholestérolémie : 28,3 % ; hypertriglycéridémie : 22,1 %) ainsi que les troubles cognitifs (23 %).

En outre, plus du tiers des personnes enquêtées (35,6 %) sont sous antidépresseurs.

Le rôle de l’ancienneté du diagnostic

Les résultats de cette enquête montrent l’accumulation des difficultés rencontrées par les personnes atteintes avec l’ancienneté de la séropositivité. Trois profils ressortent en fonction de celle-ci.

Les personnes diagnostiquées depuis plus de quinze ans sont presque toutes sous ARV (92 %), co-infectées par une hépatite pour un quart d’entre elles (24,7 %) et près des deux tiers d’entre elles (61,3 %) souffrent d’au moins une comorbidité.  Un tiers vit en couple (33,7 %) et quatre sur dix (43,2 %) sont sous antidépresseurs. Seules 38,3 % d’entre elles ont un emploi ; 12,9 % sont logées gratuitement (famille, ami) et plus de la moitié (58,4 %) estiment leurs ressources financières insuffisantes ou très insuffisantes. Plus d’un tiers de ces personnes (36,2 %) évoquent leur isolement et quatre sur dix (44,4 %) envisagent l’avenir avec pessimisme.

Les personnes diagnostiquées depuis six à quinze ans sont aussi quasiment toutes sous ARV (91,8 %). Elles sont co-infectées par une hépatite dans un cas sur huit (12,4 %) et la moitié (50,5 %) est atteinte d’une comorbidité. Quatre personnes sur dix (40,2 %) vivent en couple et 35,4 % sont sous antidépresseur. Plus d’un participant sur deux a un emploi (53,1 %) ; quatre sur dix (40,3 %) habitent un logement social. Ils considèrent à part égale que leurs ressources financières sont insuffisantes/très insuffisantes (49,5 %) ou suffisantes/confortables (50,5 %). Près de la moitié d’entres eux (47,7 %) se sentent isolés  et un tiers (34,7 %) sont préoccupés par leur avenir financier.

Les personnes ayant appris leur séropositivité dans les cinq dernières années sont moins souvent sous ARV (71,4 %), peu co-infectées par une hépatite (5,8 %) et évoquent une comorbidité dans moins d’un tiers des cas (29,6 %). La moitié vit en couple (49,3 %) et moins d’une personne sur cinq est sous antidépresseur (18,6 %). Plus des deux tiers (70,4 %) a un emploi. Ces personnes sont plus fréquemment propriétaires de leur logement (42,3 %) et seules 7 % sont hébergées gratuitement. Plus de la moitié (57,7 %) considèrent leurs ressources financières comme suffisantes/confortables. Près des trois quart d’entre elles (73,3 %) estiment être suffisamment entourées en cas de besoin et ce sont les participants qui ont la vision la plus optimiste de leur avenir.

Référence

> Vivre et vieillir avec le VIH en 2009 : synthèse (PDF, 368 Ko) / Sida Info Service. – 1er décembre 2009. – 5 p.

in ut velit, fringilla efficitur. leo mattis commodo tempus felis quis,