L’étude ANRS-APSeC, présenté par Marie Préau (GRePS Lyon 2 Université, Bron, France), s’inscrit dans le cadre de l’initiative de l’International AIDS Society (IAS) «Towards an HIV Cure», «Vers une guérison du VIH». Cet essai a pour objectif principal de collecter des données (tableau) en vue d’établir des recommandations pour les futur essais cliniques visant réduire les réservoirs du VIH afin de tenter un arrêt du traitement ARV de façon transitoire ou définitive.

Caractéristiques des populations interrogées

La première partie de l’étude ANRS-APSeC vise à recueillir des données qualitatives concernant la perception des freins et bénéfices envisageables auprès des populations de PVVIH et de soignants face à ces essais. Ces études devront être basées sur un recrutement éthique et adapté tenant compte des points de vue et des motivations des participants, patients et médecins/soignants. Pour ce faire, une série de focus-group a été menée auprès de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et de professionnels de santé hospitaliers impliqués dans la prise en charge du VIH.

Les premières conclusions des chercheurs mettent en évidence une spécificité très forte de l’histoire du VIH qui se joue à la fois dans la difficulté à remettre en cause des acquis de l’histoire de la lutte contre l’infection mais aussi une culture de l’innovation qui pousserait les uns et les autres à s’impliquer dans ce type d’essais. Au delà des divers critères de choix qui amèneraient à proposer ou non ces essais du coté des soignants et à les accepter ou non du coté des PVVIH, l’histoire de la lutte contre le sida apparait comme un élément majeur des possibles choix face aux essais «Cure».

Vers l’identification des réservoirs de ViH : implications thérapeutiques

Brigitte Autran (MD, PhD, Centre d’Immunologie et Maladies infectieuses (CIMI-Paris), UMPR-S Inserm /UPMC1135), Université Pierre et Marie Curie, Paris France, a présenté son travail sur le rôle des réservoirs de virus dans la persistance de l'infection. Une persistance au long cours du VIH sous traitement antirétroviral optimisé qui pose la question de l’identification de ces réservoirs et des mécanismes conduisant à cette persistance afin de définir des stratégies thérapeutiques conduisant à la rémission.

Estimation du nombre total de cellules infectées ADN-VIH+ dans l’organisme (adapté d’après C Rouzioux et autres)

Ces réservoirs persistent essentiellement au sein des cellules T CD4+ dans les tissus lymphoïdes, mais les macrophages et autres cellules myéloïdes CD4+, qui ne représentent qu’un composant minoritaire, sont néanmoins un élément crucial du réservoir. L’identification précise des caractéristiques cellulaires de ces réservoirs doit permettre de définir des marqueurs clés, et par l’identification des mécanismes moléculaires intracellulaires physiologiques empruntés par le virus à ces cellules pour son propre compte, permettre l’identification de cibles thérapeutiques nouvelles.

(D’après les communications orales de Préau M. et Autran B.)

L'ANRSLa lettre de l'Infectiologue et Vih.org s'associent pour couvrir le séminaire 2015 de l'Agence de recherche «VIH: Traitement universel précoce, de la théorie à la pratique».