Il s’agit de la prise intermittente d’un traitement antirétroviral (le Truvada® de Gilead) à des fins préventives. Sans présumer de sa future indication, voici les conditions d’utilisation dans le cadre du protocole d’Ipergay :

  • la PrEP s’adresse à des personnes séronégatives (test VIH négatif de moins d’un mois) qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors de pénétrations anales1
  • l’utilisation du Truvada est limitée par ses contre-indications : tout utilisateur potentiel de PrEP doit donc être suivi cliniquement et biologiquement, en particulier sur le plan rénal (suivi de la clairance de la créatinine)
  • le schéma de prise est2: un ou deux comprimés entre 24 et 2h avant le rapport sexuel, puis un comprimé 24h après la première prise, suivi encore 24h plus tard d’un dernier comprimé3
  • un accompagnement médical (dépistage fréquent des IST ) et communautaire (conseils de prévention, mise à disposition de préservatifs et gel,…) est offert
  • le traitement est délivré pour deux mois, fréquence à laquelle un dépistage VIH est effectué car il faut s’assurer de la séronégativité de l’utilisateur. Le Truvada seul n’est pas suffisant pour prendre en charge l’infection VIH4. D’autres analyses doivent également être faites pour s’assurer de la bonne tolérance du traitementFace à la dynamique de l’épidémie VIH/ SIDA , toute option de prévention se doit d’être déployée. Il est urgent que les autorités de santé prennent position et accélèrent la mise à disposition de la PrEP pour toutes les personnes concernées. Cette démarche est d’autant plus critique que la PrEP non encadrée médicalement (PrEP «sauvage») se pratique déjà depuis de nombreuses années. Les résultats des différents essais internationaux intensifient l’intérêt pour cette méthode de prévention et le nombre d’usagers.

Rappelons qu’à l’heure actuelle, pour obtenir du Truvada :

  • certains commandent sur internet des « génériques » du produit, sans garantie que le produit ne soit pas une contrefaçon, et en dépit des règles sur l’importation des produits de santé
  • certains se servent de prescriptions réalisées dans le cadre de traitement post exposition (TPE)5
  • certains « recyclent » les comprimés non utilisés par des amis ou connaissances séropositifs

Beaucoup de ces pratiques ne sont pas suivies de manière adéquate sur le plan médical, exposant ces individus à des risques liés au mésusage ou à une protection inadaptée.

Nous demandons un engagement ferme et une position claire de la part des différents acteurs de santé par rapport à la PrEP et la mise à disposition du Truvada dans cette indication dans les plus brefs délais. Un encadrement médical et un accompagnement devront être proposés pour permettre un déploiement le plus efficace et sûr de cette nouvelle méthode de prévention. 

A cette occasion, une intensification des messages de prévention, en particulier sur l’usage du préservatif et les risques liés aux autres IST devra être menée. C’est en combinant les efforts de prévention que nous parviendrons à enrayer cette épidémie.

Nous sommes PrEP…
Et vous, qu’attendez-vous pour agir ?

  • 1. Mais pratiquant une prévention combinant de manière non exhaustive le sérotriage, le sexe sans pénétration …
  • 2. Seul ce calendrier de PrEP intermittente (dose et fréquence) a démontré son efficacité.
  • 3. Si moins de 7 jours se sont écoulés entre deux prises de risques, un seul comprimé est nécessaire avant le rapport.
  • 4. Le Truvada doit être associé à une troisième molécule dans le cadre d’un traitement d’une personne séropositive. En cas de traitement incomplet, l’individu s’expose à une résistance aux antiviraux, impactant lourdement sa prise en charge par la suite.
  • 5. Accessible entre autres aux urgences de chaque hôpital