CROI 2021 — Implants d’islatravir : bientôt une protection annuelle ?

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) par antirétroviraux a démontré son efficacité pour réduire les nouvelles infections par le VIH, bien que l’efficacité soit étroitement liée à une bonne observance, en particulier chez les femmes.

D’après Matthews RP et al. Abstract 88LB actualisé.

L’islatravir (MK-8591) est un inhibiteur de la translocation de la transcriptase inverse des nucléosides, très puissant et à longue demi-vie, actuellement en développement pour la PrEP sous forme de comprimé oral mensuel. Par ailleurs, des prototypes d’implants d’islatravir (contenant uniquement un polymère et de l’islatravir) ont démontré le potentiel d’une administration annuelle pour la PrEP. Des implants radio-opaques à élution d’islatravir de nouvelle génération ont fait l’objet d’études précliniques pour établir la tolérance générale et évaluer la pharmacocinétique (PK) de l’islatravir parent et de l’islatravir-TP (triphosphate) actif. Ces données, ainsi que celles d’une étude de provocation par le SIV et d’essais de phase 1 antérieurs, ont servi de base pour établir une concentration seuil d’islatravir-TP de 0,05 pmol/million de cellules dans les PBMC.

Dans cet essai multicentrique de phase 1 en double aveugle contrôlé par placebo, un seul implant à élution d’islatravir (48 mg, 52 mg ou 56 mg) ou placebo a été placé chez des participants à faible risque d’infection par le VIH pendant 12 semaines. La sécurité et la tolérance, ainsi que la pharmacocinétique du parent islatravir et de l’islatravir-TP du plasma et des PBMC, ont été recueillies tout au long du placement et pendant 8 semaines après le retrait. Les résultats montrent que ces implants ont été généralement bien tolérés et il n’y a pas eu de différence nette en fonction de la dose dans les effets indésirables liés aux implants. Les taux d’islatravir-TP actif étaient supérieurs à la cible pour les implants tout au long de leur mise en place avec les deux dosages les plus élevés (figure ci-dessous).

Une concentration seuil d’islatravir-TP de 0,05 pmol/million de cellules maintenue
tout au long du placement de l’implant pour les deux dosages les plus élevés.
Source : Matthews RP, CROI 2021.

Les données de cet essai et des évaluations in vitro des implants ISL suggèrent que des implants contenant une dose 52mg permettraient d’atteindre des concentrations moyennes ISL-TP supérieures au seuil PK à 52 semaines.

En conclusion, ces implants de nouvelle génération à élution d’islatravir permettent une libération de médicament qui devrait être suffisante pour la prophylaxie du VIH pendant au moins un an. Ils semblent être bien tolérés, et les résultats de cet essai permettront de poursuivre l’étude de ces implants dans le cadre d’un essai de phase 2. A quand une « vaccination » annuelle pour la PrEP… Tout en sachant qu’il faudra assurer l’observance annuelle pour un changement à 1 an et entre temps, l’offre global de santé sexuelle (vaccinations, dépistage et traitement des IST, prise en charge des addictions…) qui, à notre connaissance, ne sont pas inclus dans le dispositif préventif sous cutané.

Cet article a été publié initialement dans le e-journal de « La Lettre de l’infectiologue » couvrant la conférence, nous le reproduisons ici avec leur aimable autorisation.

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