Paris: Baisse significative des nouveaux diagnostics VIH chez les HSH

La capitale enregistre pour la première fois une baisse de 16% des nouveaux diagnostics d‘infection à VIH entre 2015 et 2018, principalement chez les hommes gays ou bisexuels nés en France, avec une baisse de 28%.

C’est une excellente nouvelle, qui fait écho aux chiffres communiqués par d’autres villes comme Londres par exemple. En 2018, 906 Parisiennes et Parisiens ont appris leur séropositivité, contre 1078 en 2015. Cette baisse est particulièrement marquée chez les hommes homosexuels et bisexuels (hommes ayant des rapports sexuels entre hommes ou HSH) avec une baisse de -22% en moyenne et de 28% chez les HSH nés en France. Ces hommes représentent 45% des nouveaux cas en 2018.

Nombre de découvertes de séropositivité VIH, Paris, 2010-2018
Nombre de découvertes de séropositivité VIH, Paris, 2010-2018
Nombre de découvertes de séropositivité VIH, par pays de naissance et principaux modes de contamination, Paris, 2010-2018

Ces résultats, communiqués par Santé Publique France à l’occasion de la première Conférence des villes engagées pour mettre fin au sida Fast Track Cities 2019, sont d’autant plus encourageants qu’ils s’inscrivent dans une augmentation de 10% du recours au dépistage au cours de deux dernières années. Le nombre de tests VIH réalisés à Paris est passé de 485 000 en 2016, année la plus basse depuis 2011, à 534 000 en 2018. 

Nombre de sérologies VIH réalisées et taux de positivité, Paris, 2010-2018
Nombre de sérologies VIH réalisées et taux de positivité, Paris, 2010-2018

Effet Prep et effet Tasp

Pour l’association Vers Paris sans sida et l’ARS Île-de-France, cette baisse est d’abord à mettre au crédit du déploiement de la Prep, la prophylaxie pré-exposition, dans la communauté gay parisienne. Le traitement, basé sur la prise préventive de Truvada® et l’inscription dans un parcours de soin et de dépistage, est autorisé et remboursé en France depuis mars 2016. La Prep contribue à accroître la fréquence du dépistage dans une population d’HSH très exposés au VIH, grâce au bilan trimestriel recommandé, incluant le dépistage et le traitement des autres infections sexuellement transmissibles. Le nombre de nouvelles contaminations est ainsi réduit,  puisque ces personnes sont protéger efficacement contre l’acquisition du VIH.

D’autre part, l’augmentation du nombre de dépistages a probablement contribué à l’érosion du nombre de personnes ignorant leur séropositivité. Grâce au diagnostic et à une entrée plus précoce dans un parcours de soin, ces personnes ont pu bénéficier et faire bénéficier leurs partenaires de l’effet Tasp (Treatment as prevention, ou traitement comme prévention), réduisant ainsi le nombre de contaminations. Les traitements antirétroviraux permettent non seulement de rétablir rapidement l’espérance de vie en bonne santé des personnes vivant avec le VIH, mais empêchent également la transmission du VIH à leurs partenaires. 

Diverses initiatives menées par Vers Paris sans sida ont permis de multiplier l’offre de dépistage ces dernières années, comme la distribution de 30 000 autotests et la mise en place de VIHTEST, le dépistage gratuit sans ordonnance dans les laboratoires d’analyses médicales.

Ces nouveaux chiffres, tout encourageants qu’ils soient, soulignent néanmoins le besoin de favoriser l’accès à la Prep et au dépistage à toutes les populations qui pourraient en avoir besoin, en particulier les HSH nés à l’étranger et les femmes. La baisse du nombre de contaminations chez ces dernières n’est que de 3%, dans une population qui représente 30% des nouvelles découvertes de séropositivités. 

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