Études Prévenir et EPIC: L’impact persistant de la Prep

Les résultats de l’étude EPIC, en Australie, et de l’étude Prévenir, en France, ont été présentés à Mexico, à l’occasion de l’IAS 2019. Ils confirment l’impact persistant de la Prep sur la réduction du nombre de cas de transmission du VIH, et sa haute efficacité, que ce soit dans sa forme continue ou à la demande.

Persistance d’une incidence basse du VIH dans la phase d’extension de la Prep dans les communautés en Nouvelle Galles du Sud (EPIC-NSW)

Andrew Grulich, University of New South Wales – Kirby Institute, Australia

Le nombre de nouvelles infections VIH en Nouvelle Galles du sud était assez stable entre 2010 et 2015, hautement concentrées chez les HSH. En mars 2016, la décision est prise d’essayer de diminuer cette incidence en lançant un programme de recherche centré sur l’impact de la Prep sur l’incidence. Suite aux études de cohortes, la population ciblée est celle qui est le plus à risque.

L’étude EPIC a été mise en place dans 30 centres de santé . Le déclin d’incidence a été de 32% les 12 premiers mois, surtout chez les patients nés en Australie et de plus de 35 ans (Grulich et al.  2018 Lancet HIV).

Le programme EPIC a été arrêté pour la mise en place d’une Prep gouvernementale, qui coûte 28$ par mois aux personnes assurées et 4$ dans des cas spécifiques de personnes particulièrement démunies (chômeurs etc…). L’analyse définitive du programme EPIC peut donc être réalisée.

L’étude EPIC a inclus 9.596 personnes, avec 18.690 personnes-années, 30 infections  VIH et une incidence de 1.52/1000 personnes années (supérieure à celle communiquée en 2018 dans le Lancet qui était de 0,048/100 PA). L’incidence antérieure à la Prep était de 20/1000.

Les personnes ayant séroconverti sont non-observantes, n’ayant eu qu’une ou deux prescriptions. outre la non-observance, les facteurs de risque d’acquisition de l’infection sous Prep sont le jeune âge, le Chemsex, les IST rectales. Le fait d’avoir les deux (IST et Chemsex) augmente le risque d’un facteur 7.

Après une forte diminution de l’incidence de 44% entre 2016 et 2017,  les courbes sont assez stables. La différence que l’on voyait entre australiens et étrangers au départ a disparu avec le temps, avec des incidences équivalentes dans les deux populations en 2018. Actuellement, seulement 50% des besoins sont couverts (les modèles suggèrent qu’il faut arriver à 75% pour avoir des résultats durables). Les arrêts/reprises de Prep sont un souci, et les futures formes à action prolongées pourraient être essentielles.

Incidence du VIH avec la Prep par TDF/FTC journalière ou à la demande dans la région parisienne : actualisation des données de l’essai ANRS Prévenir

Jean-Michel Molina, St-Louis Hospital and University, France

Incidence des IST dans l’étude Prévenir

Prévenir est l’étude ayant pris la suite de l’étude IPERGAY. Dans IPERGAY, la Prep à la demande permettait une réduction d’incidence de 86% dans la phase randomisée et de 97% dans la phase ouverte. Mais on manque de données sur l’utilisation à long terme, ce que vient combler l’étude Prévenir. L’objectif est de montrer une diminution d’incidence de 15% à trois ans, par rapport aux données nationales de départ (2016). Au 3 mai 2019, 3057 patients avaient été inclus au sein de 26 sites.

Les HSH représentent 99% de l’effectif. La répartition entre Prep intermittente et continue est équilibrée (50/50). A partir des questionnaires, il apparaît que l’utilisation de la Prep est adaptée dans plus de 96% des cas. A peu près 20% des participants ont utilisé un préservatif au dernier rapport.

L’incidence de l’infection par le VIH  est de 0.009/100 PA, avec 2 cas seulement. Si on se fie aux incidences antérieures, 143 cas ont été évités grâce à la Prep sur les 8 mois de la période analysée ici. Concernant les deux cas, il s’agit d’un arrêt de Prep 10 semaines avant l’infection pour l’un et 7 semaines pour l’autre, malgré des relations sexuelles sans préservatif.
Concernant les comportements sexuels, on note une augmentation des actes sans préservatifs, une augmentation du nombre de partenaires. On retrouve 11 cas d’hépatite C. L’incidence globale des IST augmente de 30% environ, mais de 47% pour les Chlamydiae et 48% pour le gonocoque.
Il n’y a trois arrêts de traitement pour effets secondaires digestifs.
Les patients qui utilisent la Prep tous les jours ont plus de partenaires, plus d’IST, moins d’utilisation de préservatif.

On peut donc conclure à une haute efficacité de la Prep au cours des premiers mois d’étude, avec aucun cas signalé sous Prep effective, qu’elle soit continue ou discontinue.

En juillet 2019, l’OMS a émis une actualisation des recommandations pour la Prep, avec la possibilité d’utilisation intermittente (disponibles ICI).

Ce texte a été publié sur le site du COREVIH Bretagne, nous le reproduisons ici avec l’aimable autorisation de son auteur, le Dr Cédric Arvieux.

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