Conférence de Vancouver 2019 — Le paysage changeant des IST et de l’élimination du VIH

Une des plus grandes conférence mondiale sur les infections sexuellement transmissibles (IST), «STI & HIV 2019 WORLD CONGRESS» s’est tenue à Vancouver du 14 au 17 juillet 2019. Cette conférence a lieu tous les deux ans, alternativement en Amérique du Nord et en Europe, et s’est ouverte depuis peu aux autres continents. Le Pr Didier Jayle était notre correspondant sur place.

Vancouver, le 14 juillet 2019 – Cette conférence sur les IST, organisée par l’ISSTDR (International Society for Sexually Transmitted Diseases Research) et l’IUSTI (International Union against Sexually Transmitted Infections), est un événement bien différent des conférences sur le VIH/sida et bien plus modeste: seulement 1300 «délégués», (ils étaient 18000 à la dernière conférence internationale sur le sida à Amsterdam 2018), majoritairement des Américains du Nord, une centaine de Britanniques, et seulement 8 Français et 3 Espagnols! 200 intervenants dont un seul Français! Les participants sont principalement des professionnels de la santé, médecins, chercheurs, biologistes, épidémiologistes, très peu d’associations, et quasiment pas de journalistes, il n’y a d’ailleurs pas de salle de presse.

La séance d’ouverture a donné une large place à des représentantes des trois peuples amérindiens Squamish, Musqueam et Tseil-Waututh qui habitaient Vancouver avant l’arrivée des Européens. Elles ont souhaité la bienvenue aux congressistes sur leurs terres et béni la conférence, non sans rappeler combien elles avaient souffert de leur expropriation et du génocide culturel qu’ont subi leurs peuples. La colonisation de Vancouver date de la toute fin du XIXe siècle, surtout après l’arrivée de la ligne de chemin de fer Montréal-Vancouver en 1886. C’est cette même année que le site indien prend le nom de George Vancouver, explorateur britannique. Aujourd’hui, Vancouver est le premier port canadien. C’est aussi un site touristique exceptionnel entre océan, montagne, forêt et parcs naturels, c’est une des villes où la qualité de la vie est la meilleure (classée 3e dans le monde) et aussi une des plus chères.

Le programme de la conférence intitulée cette année The Evolving Landscape of STI and HIV Elimination («Le paysage changeant des IST et de l’élimination du VIH») est dominé par la crainte du développement des résistances aux antibiotiques, par les taux de nouvelles infections depuis 2010, par l’impact de la Prep. Face à ces nouveaux enjeux, le combat contre les IST manque cruellement de moyens, et les combattants doutent de pouvoir les avoir un jour. Développer de nouveaux médicaments nécessite des investissements considérables et les industriels sont réticents à s’y lancer, car il ne s’agit pas de médicaments à prescrire la vie durant mais juste pendant quelques jours, voire un seul, pas de quoi s’assurer une rente! La keynote d’ouverture a été confiée à un directeur scientifique de GSK-Vaccines (ce qui en soi, apparaît très surprenant même si GSK n’est pas sponsor du congrès), Rino Rappuoli, qui a rappelé que seuls les vaccins pouvaient parvenir à éradiquer une maladie, qu’ils ont très largement contribué à augmenter la longévité au XXe siècle, et qu’aujourd’hui nous avions les acquis scientifiques nécessaires pour développer un vaccin contre le gonocoque, et vraisemblablement aussi contre la syphilis et les chlamydiae, mais que le risque d’un échec commercial (market failure) était énorme. 

Le ton n’était pas plus encourageant lors du pre-congress symposium du 14 juillet, si de nouvelles molécules apparaissent dans le pipeline et sont très encourageantes, les moyens pour les développer et mettre en route les essais cliniques ne sont pas là. 

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