AFRAVIH 2016 — Essai 2LADY-ANRS 12169 : la 3ème ligne de traitement vue du Cameroun

Plusieurs essais (EARNEST, Second Line, 2LADY) ont démontré l’efficacité des combinaisons avec inhibiteurs de protéase boostés (IP/r) chez les patients en échec d’une 1ère  ligne dans les pays à ressources limitées et ce, malgré le diagnostic tardif d’échec et l’accumulation de mutations de résistance.

Cependant, dans l’essai 2LADY ANRS 12169 (comparaison de l’efficacité et de la tolérance de 3 régimes d’IP/r), 15 des 304 patients inclus au Cameroun ont présenté un échec de 2ème  ligne (CV ≥ 1000 copies/ml sur 2 prélèvements réalisés à 1 mois d’intervalle et après renforcement de l’observance).

Pretty Rosereine Mbouyap a détaillé les caractéristiques de ces patients et leur devenir suite à l’initiation de la 3ème ligne de traitement, avec un choix selon le résultat du génotype de résistance à l’inclusion (réalisé rétrospectivement à la fin de l’étude) et à l’échec. L’âge médian de ces patients était de 48 [36-53] ans et 67 % étaient des femmes. A l’échec de 1ère  ligne, la CV et le taux de CD4 médians étaient – respectivement – de 335 233 copies/ml et 88 cellules/mm3; 67 % étaient en stade clinique 3 (classification de l’OMS) (voir tableau).

Tableau : caractéristiques au moment de l'échec de première ou deuxiéme ligne

A l’échec de 2ème  ligne, la CV et le taux de CD4 médians étaient – respectivement – de 1 657 copies/ml et 269 cellules/mm3, tous étaient asymptomatiques. Parmi eux 3, 5 et 7/15 étaient respectivement sous TDF/3TC + LPV/r; ABC/ddI + LPV/r et TDF/3TC + DRV (800)/r. La durée médiane du traitement de 2ème  ligne était de 48 [12-120] semaines (voir tableau). 

En 3ème ligne, les patients ont reçu du RAL 800 mg (n=3), de l’ETR 400 mg (n=9) ou du DRV/r 1 200/200 mg. Six mois plus tard, 9 patients sur 15 présentaient une CV indétectable (<50 copies/ml). Deux décès, non liés au VIH, ont été constatés sur cette période (1 cancer du foie, 1 accident de la voie publique). Après une durée médiane de 3ème ligne de 66 semaines, 12 patients sont en succès virologique (Novembre 2015). Un patient non observant présentait une CV>1 000 copies/ml. Enfin le génotype réalisé au moment de l’échec de la 2ème ligne présentait un profil comparable à celui réalisé à l’inclusion chez 13 des 15 patients. Seulement deux patients sur 15 présentaient des mutations sur la protéase. Globalement, ces résultats qui portent certes sur un effectif limité (15 patients) suggèrent un manque de puissance de la 2ème ligne (mono ou bithérapie fonctionnelle compte-tenu du profil de résistance) plus qu’un problème d’observance, si l’on considère la réponse obtenue avec la ligne suivante. Enfin, Pretty Rosereine Mbouyap a rappelé que les traitements de 3ème ligne ne sont pas, hors cadre d’essais, disponibles au Cameroun…

(Mbouyap PR et al. Abstract S6.01)

La lettre de l’Infectiologue et Vih.org s’associent pour couvrir l’AFRAVIH 2016.

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