Traiter pour ne pas transmettre

Le risque de transmission du VIH varie beaucoup selon les stades de l’infection, avec un risque particulièrement augmenté au moment de l’infection aigue et de la séroconversion (3 semaines) ainsi qu’au stade sida. Qu’en est-il du risque de transmission sous traitement ? 

Risque de transmission sexuelle du VIH  selon les stades de l’infection

Dans plus de 90 % des cas, un traitement antirétroviral efficace sur la réplication virale dans le plasma sanguin permet également le contrôle de la réplication virale dans le compartiment génital. Bien évidemment, cette stratégie ne peut être envisagée comme outil de prévention que si les personnes infectées par le VIHVIH Virus de l’immunodéficience humaine. En anglais : HIV (Human Immunodeficiency Virus). Isolé en 1983 à l’institut pasteur de paris; découverte récemment (2008) récompensée par le prix Nobel de médecine décerné à Luc montagnier et à Françoise Barré-Sinoussi. sont d’abord dépistées et traitée de façon précoce.

Une méta-analyse ayant inclus les résultats cumulés de 7 études sur un total de 713 hommes ayant tous une CV plasmatique indétectable et n’ayant pas d’ISTIST Infections sexuellement transmissibles.  montre qu’en médiane, 8 % d’entre-eux ont de l’ARN-VIH détectable dans le sperme. Des niveaux élevés d’ARN-VIH (> 1 000 copies/ml) peuvent être retrouvés chez ces hommes et des cas de transmission sexuelle ont été décrits alors que la charge viraleCharge virale La charge virale plasmatique est le nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang ou autre contenant (salive, LCR, sperme..). Pour le VIH, la charge virale est utilisée comme marqueur afin de suivre la progression de la maladie et mesurer l’efficacité des traitements. Le niveau de charge virale, mais plus encore le taux de CD4, participent à la décision de traitement par les antirétroviraux. plasmatique était parfaitement contrôlée (Houzet L et al. J Infect Dis 2014 ; 210(Suppl3) :S622-30). L’étude EVARIST (Ghosn J et al. Clin Infect Dis 2014 ;58(12) :1763-70) a inclus 157 HSHHSH Homme ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes.  : 2 échantillons couplés sang-sperme (J0-J28) et mesure de l’ARN-VIH dans le liquide séminal (5 hommes à J0, 14 hommes à J28 et 2 hommes à J0 et J28). La prévalencePrévalence Nombre de personnes atteintes par une infection ou autre maladie donnée dans une population déterminée. de discordance était de 7,6 % et la médiane de l’ARN-VIH dans le liquide séminal à 145 copies/ml (50-1 450).

Après ajustement en mode multivarié, deux facteurs sont significativement associés à la présence de virus dans le sperme : la consommation de cannabis au moment des rapports sexuels (OR = 2,8 ; IC 95 % = 1,2-6,7 ; p= 0,02) et les hommes ayant un niveau d’ADN-VIH supérieur à 313 copies/106 PBMC qui sont près de 3 fois plus à risque d’avoir du virus détectable dans le sperme en comparaison à ceux chez qui le niveau était inférieur (OR=2,6 ; IC 95 % = 1,2-6,0 ; p=0,02). Une question demeure posée: quel est le seuil d’ARN-VIH dans le liquide séminal à partir duquel il existe un risque de transmission sexuelle?

(D’après la communication orale de Ghosn J.)

L’ANRSLa lettre de l’Infectiologue et Vih.org s’associent pour couvrir le séminaire 2015 de l’Agence de recherche «VIH: Traitement universel précoce, de la théorie à la pratique».