Questions — Ouverture de la CROI 2011 à Boston

Le Pr Gilles Pialoux est à la CROI 2011, qui se tient cette année à Boston, du 27 février au 2 mars et coordonne le E-journal en direct de la CROI 2011 pour La Lettre de l’infectiologue. Comme chaque année, beaucoup de questions et d’attentes à l’ouverture des portes de la conférence.

> Consulter Le E-journal en direct de la CROI 2010.

La CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections,1Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes), XVIIIe du nom. La CROI a ses habitudes, nous aussi. D’abord, on compte et on se compte. A commencer par les abstracts: 1024 soit un taux de sélection de 51% pour cette année. Et puis question habitudes, cela va de John Mellors, inamovible en session d’ouverture, jusqu’à la liste de courses à faire impérativement chez Abercrombie ou Banana Republic. Pour la prochaine CROI, c’est la marque Hollister qui devrait tenir la corde…

Des habitudes, mais aussi quelques lassitudes interrogatives:

Pourquoi, si l’on excepte le Cameroun, l’Afrique francophone est si peu représentée à la CROI en communications orales, complètement éclipsée par l’Afrique anglophone?

Pourquoi les Sciences Sociales sont-elles réduites à la portion congrue?

Pourquoi toujours interdire l’accès ad nominem aux représentants de l’industrie pharmaceutique, mais aussi à ceux des tests biologiques alors que 5% des abstracts acceptés (427) sont précisément issus de l’industrie?

Pourquoi encore donner la parole à Scott Letendre dès qu’il s’agit de troubles neuro-cognitifs  alors que la « Charter théorie » est passée de mode?

Pourquoi une place aussi importante laissée à l’hépatite C alors que l’Amérique produit aussi l’AASLD ? Serait-ce pour faire venir les infectiologues un peu plus sur le VHC?

Mais cette CROI 2011 ne dédaigne pas, comme elle l’avait pourtant fait pour le Nobel Français, fêter les anniversaires. Triste anniversaire : 30 ans depuis 1981 et ces pneumocystoses chez des gays de San Francisco.  Et déjà l’occasion d’une session de clôture anniversaire qui entend convoquer le passé sans insulter l’avenir : «De là où on est à là où on va ?» Autre titre : «De l’anomalie à l’avalanche: l’épidémie en cours chez les femmes?» Et de poser la question : le sida, cela sera quoi dans les trente années à venir? Vieillir avec le VIH est une question récurrente mais vieillir avec la CROI en est une autre.

Des concepts novateurs

Force est de constater que la CROI est aussi une excellente caisse de résonnance des concepts novateurs avec une modération directement issue de l’éphémère «cure» de la CROI 1996. Cette fois on notera les sessions entières dédiées à la notion de «charge virale communautaire», à l’inflammation chronique comme élément émergent de la pathogénie du VIH et de ses co-morbidités, à la prophylaxie pré-exposition (PreP) avec la session 25 de mardi dont 5 sur les 8 communications orales sont issues de l’étude iPReX de prophylaxie per os continue chez les gays et transsexuels et bien sùr aux nouvelles molécules. Sur ce point, Patrick Yéni devrait mettre en perspective 15 années de HAART en session plénière.

C’est dans un tel climat que cette CROI 2011, dominée par la quadrature anniversaire-vieillissement-inflammation-prévention que l’équipe du e-journal se mobilise.

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