CROI 2010 — La CROI à l’assaut des «prophylacto-septiques» (bis)

Le Pr Gilles Pialoux est à la CROI 2010, qui se tient cette année à San Francisco, du 16 au 19 février et coordonne le E-journal en direct de la CROI 2010 pour La Lettre de l’infectiologue. Mercredi, TASP (Treatment as prevention), le traitement comme moyen de prévention, a occupé les esprits.

> Consulter Le E-journal en direct de la CROI 2010.

Traditionnellement, durant le J2 de la CROICROI «Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections», la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes annuelles où sont présentés les dernières et plus importantes décision scientifiques dans le champs de la recherche sur le VIH.
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, on n’en est plus à compter les heures de décalage mais à les subir. Pareil pour les «hiii!», les «Nice to meet you» et les… verres de Chardonnay.

Heureusement le très didactique Anthony Fauci (# 19) en dressant en séance plénière, l’agenda de la recherche VIHVIH Virus de l’immunodéficience humaine. En anglais : HIV (Human Immunodeficiency Virus). Isolé en 1983 à l’institut pasteur de paris; découverte récemment (2008) récompensée par le prix Nobel de médecine décerné à Luc montagnier et à Françoise Barré-Sinoussi.
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/sidaSida Syndrome d’immunodéficience acquise. En anglais, AIDS, acquired immuno-deficiency syndrome.
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pour le NIH a donné dans la clarté et par là-même une feuille de route au monde entier. Trois chantiers selon le NIH:

1) «search, test and treat»;
2) «cure» (comme à la CROI de 1996, mais l’humilité en sus);
3) «prevent»!

Message qu’a d’ores et déjà conjugué au présent Poupali Das-Douglas (#33) en ouverture de la session 10 baptisée «Testing and transmission ». Utilisant un modèle de calcul de la charge viraleCharge virale La charge virale plasmatique est le nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang ou autre contenant (salive, LCR, sperme..). Pour le VIH, la charge virale est utilisée comme marqueur afin de suivre la progression de la maladie et mesurer l’efficacité des traitements. Le niveau de charge virale, mais plus encore le taux de CD4, participent à la décision de traitement par les antirétroviraux.
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communautaire (CVL) cette équipe du département de Santé Publique de San Francisco a évalué dans un modèle de Poisson la relation entre cette CVL et le nombre de nouveaux diagnostics VIH, le taux de couverture par les ARV et l’incidence du VIH. Le tout dans une communauté MSM1Men who have Sex with Men (N= 12 512) étudiée entre 2002 et 2008. Où il apparaît une forte corrélation (p=0,005) entre la baisse de la charge virale moyenne communautaire et la baisse du nombre de nouveaux diagnostics VIH entre 2004 et 2008 et d’autre part avec la baisse de l’incidence VIH entre 2006 et 2007 (p< 0,0005). La nouvelle est de taille et plaide un peu plus en faveur du rôle du traitement ARV (dont le taux de couverture est passé de 74 % en 2005 à 90 % en 2008 dans cette communauté) comme outil de prévention collective (TaspTasp «Treatement as Prevention», le traitement comme prévention. La base du Tasp a été établie en 2000 avec la publication de l’étude Quinn dans le New England Journal of Medicine, portant sur une cohorte de couples hétérosexuels sérodifférents en Ouganda, qui conclut que «la charge virale est le prédicteur majeur du risque de transmission hétérosexuel du VIH1 et que la transmission est rare chez les personnes chez lesquelles le niveau de charge virale est inférieur à 1 500 copies/mL». Cette observation a été, avec d’autres, traduite en conseil préventif par la Commission suisse du sida, le fameux «Swiss statement». En France en 2010, 86 % des personnes prises en charge ont une CV indétectable, et 94 % une CV de moins de 500 copies. Ce ne sont pas tant les personnes séropositives dépistées et traitées qui transmettent le VIH mais eux et celles qui ignorent leur statut ( entre 30 000 et 50 000 en France).
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). Même si cette étude rencontre un certain nombre de lacunes telles que le taux important de données manquantes pour la charge virale (25,6%), l’exclusion du modèle des non-diagnostiqués (14,5 %) ou des dépistés- non suivis (5%) sans compter la non prise en compte des ISTIST Infections sexuellement transmissibles. 
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durant la période d’étude. 

La session s’est transportée ensuite en Europe. Avec notamment la cohorte incidente MSM d’Amsterdam (Iralice Jansen et al # 35 disponible sur www.amsterdancohortstudies.com). Le type de cohorte  qui manque tant à la recherche française ou il apparait que l’incidence globale chez les MSM a baissé de 7,4/100 personnes-année en 1985 à 1/100 personnes-année entre 1991 et 1997 pour remonter à 2/100 personnes-année en 2009. Le phénomène étant particulièrement accru chez les MSM de moins de 30 ans.  La discussion a surtout porté sur les absences de cette étude: rien sur le statut du «contaminateur» (ARV? Charge virale? primo-infectionPrimo-infection Premier contact d’un agent infectieux avec un organisme vivant. La primo-infection est un moment clé du diagnostic et de la prévention car les charges virales VIH observées durant cette période sont extrêmement élevées. C’est une période où la personne infectée par le VIH est très contaminante. Historiquement il a été démontré que ce qui a contribué, dans les années 80, à l’épidémie VIH dans certaines grandes villes américaines comme San Francisco, c’est non seulement les pratiques à risques mais aussi le fait que de nombreuses personnes se trouvaient au même moment au stade de primo-infection.
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? Etc.) et rien non plus sur les IST.

La recherche française, précisément avait la (belle) tête haute avec Stéphane Le Vu de l’InVs (voir interview) et les (premières) données françaises d’incidence avec le chiffre de 1% pour les MSM. Des données déjà connues en France mais encore non publiées et donc absentes du dernier Perspective du New England Journal of Medicine , «Aids in America – Forgotten but Not gone». Données à rapprocher aussi des données d’incidence de l’enquête Prévagay communiqués juste avant la CROI: 7, 5/100 personnes-année (IC 95% : 4,5-10,5) dans les lieux de consommation sexuelle gay parisiens ! Ce qui permet de mesurer le chemin encore à parcourir en matière de prévention combinée.