La détection des anticorps anti VIH dans le sang repose sur des tests de sensibilité variable allant du plus au moins sensibles (figure) : tests ELISA et 3ème (Ac seulement) et 4ème génération (Ac et Ag p24), test rapide TROD et autotest (Ac seulement), western-blot (Ac spécifiques dirigés contre chaque protéine virale), test désensibilisé mesurant un titre d’Ac et leur avidité contre différentes protéines virales.

Les tests de diagnostic

La très large majorité des patients traités efficacement au stade chronique demeurent positifs avec les tests ELISA avec des Ac dirigés contre toutes les protéines virales détectables en western-blot. Cependant, le test rapide peut s’avérer négatif chez 2 % des patients traités ayant une CV contrôlée (< 200 cp/ml). D’autre part, le titre d’Ac dirigés spécifiquement contre certaines protéines de l’enveloppe (V3 et ID gp41) diminue chez 30 % des patients, en particulier chez ceux dont la durée du traitement est la plus longue et la CV toujours indétectable. En revanche, quelques rares cas de séroréversion avec des tests ELISA de 3ème génération avec perte de certains Ac détectables sur le western-blot à 2 ans ont été observés chez des patients traités au stade de primo-infection (entre 2 à 6 %). Plus récemment, chez des patients traités à des stades très précoces (moins de 20 jours après l’infection), 20 % des patients avaient un ELISA de 4ème génération négatif et 50 % un TROD négatif après 3 mois de traitement. Enfin, chez les « elite controllers », alors que les tests ELISA et western-blot demeurent positifs, l’avidité des Ac est inférieure à celle observée chez les patients traités efficacement ou non traités.

Autre exemple, celui du patient de Berlin « guéri » qui demeure positif en ELISA 4ème génération mais avec un titre total d’Ac et une avidité plus faible que chez les « elite controllers ». Que retenir de ces données ? La possibilité de réversion ou l’absence de séroconversion chez un adulte ou un enfant infecté par le VIH et traité de façon efficace peut conduire à des difficultés de diagnostic. Le passage du statut de « séropositif » à « séronégatif » chez un patient qui se serait testé plusieurs fois pourrait aussi conduire à un arrêt inappoprié du traitement …

(D’après la communication orale de Delaugerre C.)

L'ANRSLa lettre de l'Infectiologue et Vih.org s'associent pour couvrir le séminaire 2015 de l'Agence de recherche «VIH: Traitement universel précoce, de la théorie à la pratique».