Brésil : L’OMS valide l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de confirmer que le Brésil avait éliminé la transmission du VIH entre la mère et l’enfant. Cette certification historique, annoncée le 18 décembre 2025 dernier, fait du pays le premier État américain de cette envergure démographique à franchir ce cap, témoignant de l’efficacité de sa politique de santé universelle et gratuite.

La validation de l’OMS intervient après que le Brésil a démontré sa capacité à maintenir un taux de transmission mère-enfant du VIHVIH Virus de l’immunodéficience humaine. En anglais : HIV (Human Immunodeficiency Virus). Isolé en 1983 à l’institut pasteur de paris; découverte récemment (2008) récompensée par le prix Nobel de médecine décerné à Luc montagnier et à Françoise Barré-Sinoussi. inférieur à 2%, et à garantir une couverture supérieure à 95% incluant les soins prénatals, le dépistage systématique du VIH et l’accès au traitement des femmes enceintes vivant avec le VIH. Le Brésil devient le premier pays de plus de 100 millions à être ainsi certifié et rejoint ainsi 18 autres pays et territoires certifiés par l’OMS comme ayant éliminé la transmission mère-enfant du VIH.

L’OMS estime que le système de santé unifié brésilien (SUS), fondé sur la gratuité et l’universalité des soins, est le pilier de cette réussite. Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida, a de son côté salué la volonté brésilienne de s’attaquer aux déterminants sociaux de l’épidémie et, le cas échéant, de contourner les monopoles pharmaceutiques pour garantir l’accès aux médicaments.

Des progrès régionaux importants

Cette certification s’inscrit dans l’initiative «EMTCT Plus» (pour elimination of mother-to-child transmission en anglais) de l’Unicef et de l’Onusida, qui vise l’élimination de la transmission mère-enfant non seulement du VIH, mais aussi de la syphilis, de l’hépatite B et de transmission congénitale la maladie de Chagas. «EMTCT Plus» fait partie de l’Initiative d’élimination instaurée par l’Organisation panaméricaine de santé (OPS) en vue d’éliminer plus de 30 maladies transmissibles dans les Amériques d’ici 2030.

Légende : logo de l'Initiative d'élimination instaurée par l'Organisation panaméricaine de santé (OPS)

Cette région du monde a enregistré d’importants progrès entre 2015 et 2024 dans la prévention de la transmission mère-enfant: plus de 50000 infections pédiatriques ont été évitées au cours de la dernière décennie dans les Amériques.

Ces dernières comptent désormais 12 territoires certifiés par l’OMS : Anguilla, Antigua-et-Barbuda, les Bermudes, les îles Caïmans, Montserrat et Saint-Christophe-et-Niévès en 2017 ; la Dominique en 2020 ; le Belize en 2023 ; et la Jamaïque et Saint-Vincent-et-les Grenadines en 2024. Cuba avait ouvert la voie en 2015 en devenant le premier pays au monde à obtenir cette validation et à éliminer la syphilis congénitale.

Ailleurs dans le monde, l’Arménie, la Biélorussie, la Malaisie, les Maldives, Oman, le Sri Lanka et la Thaïlande ont également été certifiés comme ayant éliminé la transmission mère-enfant dans le cadre des initiatives de l’OMS.

En France, entre zéro et quatre cas par an

En France, le nombre de grossesses chez les femmes vivant avec le VIH est estimé à environ 1400 par an. Les personnes originaires d’Afrique sub-saharienne représentent plus de 70% des femmes incluses dans la cohorte ANRS «Enquête Périnatale Française (EPF)» (cohorte nationale Française incluant les femmes enceintes vivant avec le VIH et leurs enfants, aujourd’hui fermée), un nombre en légère diminution.  

Plus de 75% des femmes de la cohorte sont déjà sous traitement antirétroviral au moment de la conception, un chiffre en augmentation constante. Plus de 60% de ces femmes ont plus de 500/μL CD4, et plus de 90% ont une charge viraleCharge virale La charge virale plasmatique est le nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang ou autre contenant (salive, LCR, sperme..). Pour le VIH, la charge virale est utilisée comme marqueur afin de suivre la progression de la maladie et mesurer l’efficacité des traitements. Le niveau de charge virale, mais plus encore le taux de CD4, participent à la décision de traitement par les antirétroviraux. indétectable à l’accouchement (inférieurs à 50 copies/mL, plus de 95% si on considère les personnes avec moins de 400 copies/mL).

Le taux de transmission mère-enfant dans la cohorte EPF est évalué à 0,2% entre 2011 et 2020, et la déclaration obligatoire rapporte entre 0 et 4 cas annuel d’enfants nés en France infectés dans le cadre d’une transmission mère-enfant depuis 2015.