D’après Segal-Maurer S et al., abstr. 127, et VanderVeen L et al., abstr. 128, actualisés.
Il s’agit d’une étude de phase II/III, randomisée, en double insu comparant en monothérapie pendant 14 jours le LEN par rapport à un placebo (600 mg à J1 et J2 et 300 mg à J8 en oral), chez des patients largement prétraités, en échec virologique avec une résistance documentée à au moins 2 ARV dans au moins 3 classes thérapeutiques. Les patients étaient ensuite inclus dans un traitement de maintenance avec du LEN injectable (927 mg) tous les 6 mois associé à un traitement optimisé après un traitement oral dans le groupe placebo (schéma de l’étude ci-dessous).

Le critère d’évaluation principal de l’efficacité était la proportion de participants avec une baisse de la CV d’au moins 0,5 log10 cp/mL à J15. 36 patients ont été randomisés avec un niveau moyen de CV de 4,27 log10cp/mL. À J15, 88 % sous LEN (21/24) avaient une baisse d’au moins 0,5 log10 cp/mL comparativement à 17 % sous placebo (2/12) (différence de 71 %, p < 0001). La variation de CV (log10 cp/mL) était significativement différente de −1,93 versus −0,29. 24 semaines après la première injection de LEN associé au traitement optimisé, 73 % des patients avaient une CV < à 50 cp/mL à S24. Sur l’ensemble des 72 patients largement prétraités des 2 cohortes, 2 patients ont présenté une sélection de résistances au LEN avec la sélection de la mutation M66I isolée pour un patient et associée à la N74D pour le second. ll n’y a pas eu d’effets indésirables graves liés au traitement, ni d’arrêt ou de décès. Les effets indésirables les plus fréquents étaient les réactions au site d’injection (46 %).


Les mutations identifiées sous pression de sélection in vitro sont au nombre de 7 (L56I, M66I, Q67H, K70N, N74D, N74S et T107N) conférant une sensibilité réduite au LEN notamment avec la M66I conduisant à une résistance de plus de 2 700 fois et une capacité réplicative réduite. Dans cette étude in vitro, le LEN était efficace sur les souches résistantes aux IP et sur tous les sous-types avec des niveaux d’IC50 similaires.
Ces données démontrent l’intérêt du développement du lénacapavir dans le traitement et la prévention de l’infection par le VIH
Cet article a été publié initialement dans le e-journal de « La Lettre de l’infectiologue » couvrant la conférence, nous le reproduisons ici avec leur aimable autorisation.